La guerre en Iran a des répercussions importantes sur l'économie mondiale. Le détroit d'Ormuz est au centre de toutes les attentions. Ce détroit est une route importante pour les exportations de pétrole en provenance des pays du Golfe. En représailles, l'Iran bloque précisément ce passage. Les navires de marchandises s'accumulent des deux côtés, comme le montrent les données de suivi du trafic maritime. Chez nous, en Europe, les coûts de l'énergie et le prix de l'essence augmentent. Mais pour les pays du Golfe, le conflit a des conséquences bien plus importantes, comme l'explique Stefan Paul, chef du prestataire logistique suisse Kühne+Nagel, dans une interview accordée à la SRF.
Un problème majeure menace les Emirats arabes unis: outre le trafic maritime, l'espace aérien est également fortement limité. Cela entraîne des goulots d'étranglement dans les flux de marchandises. «Dubaï n'a par exemple plus que dix jours de produits frais», explique Stefan Paul dans l'interview. Comme l'émirat importe beaucoup de produits, la pénurie peut vite arriver dans le secteur des produits frais.
Transports par camion depuis l'Arabie saoudite
Selon le CEO de Kühne+Nagel, il existe quelques alternatives pour acheminer des produits frais comme des fruits et des légumes à Dubaï. «On peut faire voler des marchandises vers l'Arabie saoudite et les transporter ensuite par camion, les frontières sont franchissables», explique Stefan Paul. Mais cela n'aide que de manière limitée, car un seul cargo peut contenir 20'000 conteneurs. «Vous ne pouvez pas affréter autant de semi-remorques. Si la situation se prolonge, il y aura des goulot d'étranglement», pronostique Stefan Paul.