Le Parlement avait dit oui, le régent dit non
Le prince du Liechtenstein oppose son veto à la légalisation de l'IVG

Le Parlement avait dit oui, le prince Alois a dit non. Il bloque la légalisation de l’avortement au Liechtenstein, où l’IVG reste interdite sauf exceptions. Les initiants dénoncent une «démonstration de force».
Le prince régent du Liechtenstein refuse de légaliser l'IVG.
Photo: AP Photo/Frank Franklin II
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AFP Agence France-Presse

Le prince régent du Liechtenstein a opposé son veto à la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG), malgré un vote du Parlement en sa faveur le mois dernier.

Le prince héréditaire Alois «demeure convaincu qu'un tel système fondé sur les délais ne permet pas d'assurer une protection adéquate de la vie à naître, considérée comme un bien juridique essentiel», a annoncé la maison princière en milieu de semaine dans un communiqué, au sujet de ce texte qui prévoyait de légaliser l'IVG au cours des trois premiers mois de grossesse.

Dans ce petit pays coincé entre la Suisse et l'Autriche, l'avortement est interdit. La personne qui le pratique risque jusqu'à trois ans de prison, et une femme qui avorte sans assistance jusqu'à un an d'emprisonnement.

L'IVG n'est autorisé que dans des cas exceptionnels, par exemple lorsque la vie de la mère est en danger ou lorsqu'une femme est tombée enceinte à la suite d'un viol. La loi interdit aussi le fait de promouvoir publiquement l'avortement ou proposer des services.

Il n'est pas punissable s'il est pratiqué en dehors des frontières. Le comité soutenant l'initiative estime qu'environ 45 femmes sont concernées chaque année sur une population de quelque 40000 habitants.

«Possible de faire évoluer la réglementation»

En 2011, un vote avait déjà eu lieu pour légaliser l'avortement et la population avait refusé la proposition, par 52,3% des votants. Le gouvernement et le parlement étaient alors opposés à cette proposition.

Déterminé à faire évoluer la législation, un comité avait recueilli suffisamment de signatures pour soumettre son initiative au Parlement, qui l'a adopté à une courte majorité le 2 septembre.

Le prince Alois, qui n'a jamais caché son opposition au texte, disposait de six mois pour promulguer la loi ou y opposer son veto. Malgré sa décision de rejet, ce dernier dit estimer qu'il est «possible de faire évoluer la réglementation» par le biais de «mesures ciblées», comme une levée de l'interdiction de la publicité pour l'IVG ou l'accompagnement et le soutien des femmes avant, pendant et après une grossesse, a rapporté la maison princière.

«Je suis convaincu que beaucoup partagent la volonté d'apporter le meilleur soutien possible aux femmes se trouvant dans des situations difficiles, tout en protégeant la vie à naître», déclare le prince héréditaire Alois.

De leur côté, les promoteurs de l'initiative ont regretté dans un communiqué qu'une seule personne passe outre une décision initiée par près d'un quart des électeurs et adoptée par le Parlement».

«Pour le comité, cette démarche s'apparente à une démonstration de force, opérée au détriment des personnes concernées», ont-ils ajouté, annonçant la tenue d'une manifestation samedi à Vaduz.

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