La compagnie publique libyenne NOC en coopération avec son partenaire le groupe italien Eni vont faire remorquer vers un port libyen un méthanier russe à la dérive en Méditerranée depuis début mars, selon un communiqué de la NOC diffusé samedi.
La NOC via sa filiale Mellitah Oil and Gas en partenariat avec l'Eni ont engagé «une société spécialisée dans des incidents impliquant des navires pétroliers, des plateformes off-shore et des navires susceptibles de provoquer des marées noires», a précisé la NOC.
La Russie a accusé l'Ukraine d'avoir attaqué début mars, avec des drones navals lancés à partir des côtes libyennes, l'Arctic Metagaz, un méthanier long de 277 mètres parti de Mourmansk, dans le nord-ouest de Russie, et transportant du gaz naturel liquéfié (GNL) à destination de Port-Saïd, en Egypte.
A la dérive
Les 30 membres de l'équipage du méthanier ont été secourus et le navire est depuis abandonné et à la dérive entre Malte et la Libye. L'Ukraine, envahie par la Russie en février 2022, n'a pas commenté les accusations russes.
L'Autorité libyenne des ports et du transport maritime avait annoncé dans la nuit du 3 au 4 mars le naufrage de ce bateau après des «explosions soudaines» d'origine inconnue.
L'épave du méthanier se trouve dans les eaux internationales, mais dans la zone de recherche et de sauvetage (SAR) libyenne, a indiqué vendredi la Protection civile italienne. Le remorquage représentera une «opération complexe» car le navire comporte «une large brèche latérale» et «est gravement endommagé», selon la même source. Selon la NOC, le contrat avec la société spécialisée dont le nom n'a pas été communiqué, a été conclu en «urgence».
Menace environnementale
La compagnie libyenne assure avoir déjà «agi pour réduire le risque de pollution du littoral libyen», quand il est apparu que «le navire endommagé se rapprochait progressivement des côtes libyennes en raison du vent et des vagues».
Selon la NOC, «la gestion de cette menace environnementale est tout à fait réalisable» et le navire «sera remorqué en toute sécurité vers l'un des ports libyens», en coordination avec l'autorité portuaire concernée.
Des mesures ont été prises, selon la NOC, pour protéger «de toute pollution ou risque connexe» les installations pétrolières du pays ainsi que les plateformes off-shore.