La justice libanaise a engagé lundi de nouvelles poursuites contre l'ancien gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé, pour détournement de fonds et enrichissement illicite, selon une source judiciaire à l'AFP, après une plainte déposée par son successeur.
Gouverneur de 1993 à juillet 2023, l'homme de 76 ans fait face à de multiples accusations au Liban et à l'étranger, mais a toujours nié toute malversation. Samir Hanna, ancien PDG de la banque Audi, l'une des plus grandes banques commerciales libanaises, est également poursuivi.
Les chefs d'accusation retenus par le parquet contre les deux hommes portent sur la «création de sociétés fictives et le détournement de fonds de la Banque du Liban destinés à l'acquisition frauduleuse d'actions et d'obligations de banques commerciales», a indiqué la source judiciaire.
Ils incluent aussi «l'enrichissement illicite, le blanchiment d'argent et la corruption», a-t-elle ajouté.
Riad Salamé, dont la santé s'est dégradée, est actuellement en détention dans un hôpital situé à une demi-heure de Beyrouth, après avoir manqué une audience fin juillet. Conséquence de ces poursuites, le parquet a requis la délivrance d'un mandat d'arrêt contre Riad Salamé et transféré l'affaire devant un juge d'instruction pour la suite de l'enquête. La BdL avait annoncé en janvier avoir déposé plainte contre Riad Salamé et Samir Hanna.
«La Banque du Liban a été victime de détournements de fonds s'élevant à plusieurs centaines de millions d'euros, commis à son détriment par son ancien gouverneur, Riad Salamé, avec le concours de plusieurs personnes de son entourage», avait alors indiqué l'établissement à l'AFP.
Etroitement lié à la classe politique libanaise, Riad Salamé est accusé par ses détracteurs d'être l'un des principaux responsables de la déroute financière du pays.
Arrêté en septembre 2024 au Liban, il avait été inculpé dans un dossier distinct pour le détournement présumé de 44 millions de dollars de la banque centrale, avant d'être libéré en septembre 2025 contre le versement d'une caution record.
Il n'a pas répondu à la convocation d'un juge français en mai 2023, et fait depuis l'objet d'un mandat d'arrêt international. L'ancien gouverneur a toujours défendu son bilan, affirmant être un «bouc-émissaire».