Le Salvador durcit la loi
Perpétuité aussi pour les mineurs «meurtriers, violeurs et terroristes»

L'Assemblée du Salvador impose la perpétuité aux mineurs coupables de crimes graves. Cette décision, dans le cadre de la lutte anti-gangs de Bukele, suscite des accusations de violations des droits humains.
Le président du Salvador Nayib Bukele continue de se montrer impitoyable avec les criminels présumés.
Photo: RODRIGO SURA
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ATS Agence télégraphique suisse

L'Assemblée législative du Salvador a approuvé jeudi la création d'une peine d'emprisonnement à perpétuité pour les mineurs «meurtriers, violeurs et terroristes».

Cette mesure s'inscrit dans le cadre de la «guerre» contre les gangs menée depuis quatre ans par le président Nayib Bukele, accusé par plusieurs ONG de commettre des «crimes contre l'humanité». «La peine de prison à perpétuité est intégrée dans la liste des peines exceptionnelles applicables aux mineurs enfreignant la loi pénale», énonce le texte.

La réforme établit «l'inapplicabilité de la procédure spéciale pour mineurs», auparavant mise en place en cas de crime grave, mais prévoit des «réévaluations périodiques» de la peine, afin de déterminer le niveau de dangerosité et la possibilité d'une réinsertion, en vue d'une éventuelle «liberté surveillée».

La stratégie de Nayib Bukele

Elle étend aux jeunes de moins de 18 ans la portée de la réforme constitutionnelle adoptée le 18 mars par les députés, qui instaure l'emprisonnement à vie – peine jusque-là interdite par la Constitution – pour les «meurtriers, violeurs et terroristes». Jusque-là, la peine maximale au Salvador était de 60 ans de réclusion.

Le Parlement a également prolongé jeudi de 30 jours l'état d'exception qui autorise les arrestations sans mandat judiciaire, en place depuis quatre ans dans le cadre de la lutte contre les gangs. A ce jour, selon des sources officielles, 91'650 membres présumés de gangs ont été arrêtés. Environ 8000 d'entre eux ont été libérés et déclarés innocents.

La stratégie de Nayib Bukele a fait chuter les homicides à des niveaux historiquement bas dans ce pays d'Amérique centrale, mais est accusée d'avoir conduit à de graves violations des droits humains. Dans un rapport de juillet 2024, Human Rights Watch a ainsi fait état de la détention de plus de 3000 enfants et adolescents dans le cadre de cet état d'exception.

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