L'un d'entre eux avait agressé des gens en Suisse
Que reste-t-il aujourd'hui de la descendance de Mouammar Kadhafi?

Saïf al-Islam Kadhafi, fils de l'ex-dictateur libyen, a été abattu ce mardi. Mais qu'en est-il des autres enfants encore vivants de Mouammar et où se trouvent-ils à l'heure actuelle?
1/4
Le fils de Mouammar Kadhafi, Saïf al-Islam, a été assassiné à Zintan ce mardi.
Photo: POOL/AFP via Getty Images
RMS_Portrait_AUTOR_242.JPG
Guido Felder

Les quatre assaillants masqués sont arrivés en pleine nuit, ont désactivé les caméras de surveillance et ont ouvert le feu: Saïf al-Islam Kadhafi, fils de l'ancien dirigeant libyen, est mort sous une pluie de balles à son domicile de Zintan, tôt ce mardi matin. L'identité des auteurs est inconnue et leurs motivations restent floues.

Bien qu'il ait hérité de la cruauté de son père Mouammar (1942-2011), la mort du fils du dictateur est un coup dur pour le pays. Il était considéré comme un président potentiel et prometteur pour cet Etat en proie aux troubles. Il est désormais peu probable qu'un autre Kadhafi accède un jour au pouvoir.

Un symbole d'espoir

Mais qui était réellement Saïf al-Islam? Le deuxième fils a toujours été aux côtés de son père Mouammar Kadhafi. Lors des soulèvements de 2011, il a participé à la répression sanglante des protestations. Il a d'abord été condamné à mort pour cela, mais a ensuite été libéré dans le cadre d'une amnistie. Son père est mort pendant les émeutes, probablement des suites de mauvais traitements infligés par les rebelles, qui l'avaient trouvé caché dans un tube en béton.

Malgré sa loyauté envers un père brutal, l'influent Saïf al-Islam était considéré comme porteur d'espoir. Formé notamment à la London School of Economics, il ambitionnait de mener le pays, alors en ruines, vers un avenir moderne en se présentant comme candidat à la présidentielle de 2021.

Nombre de Libyens fondaient leurs espoirs sur lui, car il se présentait comme un modéré et leur promettait la fin du chaos. Mais c'est précisément ce chaos qui a empêché la tenue des élections.

Que sont devenus les enfants du dictateur?

Après le meurtre de ce mardi, le nom redouté de Kadhafi s'estompe de plus en plus Sur les dix descendants de Mouammar, dont deux enfants adoptifs, seuls cinq sont encore en vie aujourd'hui. Et aucun d'entre eux ne jouera de rôle important en Libye.

Mohammed, l'ingénieur

Ancien propriétaire d'une entreprise de téléphonie mobile et président du comité olympique libyen, il figurait sur la liste des sanctions de l'UE en raison de la guerre civile. Il a finalement obtenu l'asile en Oman.

Al-Saadi, le footballeur professionnel

Il a évolué à l'AC Pérouse en Serie A italienne lors de la saison 2003-2004, où il a été suspendu trois mois pour dopage. Pendant le soulèvement populaire, il était commandant en chef des forces spéciales. Libéré de prison en 2021, il résiderait actuellement en Turquie.

Hannibal, l'agresseur

Il a fait la une des journaux en Suisse et en France pour des faits de violence. Il été enlevé en Syrie en 2015 pour la disparition d'un religieux et emprisonné au Liban jusqu'en 2025. Il vit aujourd'hui probablement dans un pays du Golfe.

Aisha, la combattante

Surnommée la «Claudia Schiffer du désert» en raison de ses cheveux teints, Aisha était la grande fierté de son père. Elle faisait partie de l'équipe d'avocats du dictateur irakien Saddam Hussein (1937-2006). Elle s'est par la suite engagée contre l'oppression des femmes dans le monde arabe. Elle a également obtenu l'asile en Oman.

Hana et Milad, les enfants adoptés

On ne sait pas grand-chose d'eux. Selon les rumeurs, Milad a sauvé la vie de son père en 1986 lors de bombardements américains, tandis qu'Hana aurait péri. D'autres sources affirment qu'elle est bel et bien vivante et qu'elle aurait ensuite suivi une formation de médecin à Londres.

La haine de Kadhafi pour la Suisse

Le père Kadhafi a régné sur la Lybie avec brutalité. En Suisse aussi, il a déclenché une crise. Après l'arrestation provisoire de son fils Hannibal par la police genevoise en 2008 pour mauvais traitements infligés à son personnel de maison, Mouammar Kadhafi a exigé ni plus ni moins que la «dissolution de la Suisse» et a pris deux hommes d'affaires suisses en otage.

Le président de la Confédération suisse de l'époque, Hans-Rudolf Merz, s'est rendu à Tripoli et n'a obtenu leur libération qu'après environ deux ans, grâce à des excuses. L'un des otages, Max Göldi, a déclaré dans une interview accordée à Blick en 2018: «La Suisse a réagi lentement et trop tard.»

Aujourd'hui, il y a deux grands centres de pouvoir en Libye: à l'ouest se trouve le Gouvernement d'union nationale, reconnu internationalement mais dont le pouvoir est limité ; à l'est, le puissant général Khalifa Haftar et l'Armée nationale libyenne. Des élections, annoncées à plusieurs reprises avec l'aide de l'ONU, ont été reportées à maintes reprises. Plusieurs pays, dont la Russie, la Turquie, l'Egypte et les Emirats arabes unis, tentent d'exercer leur influence sur ce pays, riche en pétrole et en gaz.

Pour que l'ordre règne, Mouammar Kadhafi dirigeait la Libye par une répression implacable et une violence systématique. Après sa mort, le pays a sombré dans des luttes de pouvoir persistantes, qui pourraient encore s'aggraver avec la disparition de Saïf al-Islam.

Articles les plus lus