«Ça fait vraiment mal»
Une station de ski alerte sur le comportement des touristes irrespectueux

Dans le Trentin, des promeneurs et des raquetteurs piétinent des pistes de ski de fond fraîchement tracées. Les exploitants lancent un appel au public: ces comportements entraînent des coûts supplémentaires et des risques de chute.
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Une piste bien préparée est la condition indispensable pour une journée de ski de fond réussie.
Photo: Thomas Linkel/laif
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Daniel Macher

Dans le Trentin, dans le nord de l’Italie, le tourisme d’hiver provoque des tensions sur les pistes de ski de fond. De plus en plus souvent, promeneurs et raquetteurs traversent des pistes fraîchement tracées, au grand désarroi des exploitants du Centro Fondo Alpe Coe, qui tirent désormais la sonnette d’alarme. 

Sur Facebook, les responsables ont publié une photo qui fait mal aux yeux des skieurs de fond, tant la piste est complètement piétinée. Le message est clair: il est demandé de ne pas emprunter les pistes avec des bottes d’hiver ou des raquettes à neige. Ces voies sont exclusivement réservées aux skieurs de fond.

«Ça fait vraiment mal»

Les conséquences sont importantes. Les pistes abîmées engendrent des coûts supplémentaires, mais surtout des risques pour la sécurité: les irrégularités peuvent provoquer des chutes. Parallèlement, la frustration du personnel augmente. Les employés passent des heures le soir à préparer les pistes, pour se retrouver le lendemain matin face à des sentiers déjà détruits et des réclamations. «Cela fait vraiment mal», écrivent les exploitants.

En ligne, la tension monte également. Dans les commentaires, de nombreux utilisateurs réclament des contrôles et des amendes. Selon eux, il faudra des sanctions financières pour que certains visiteurs respectent enfin les règles. 

Avec ce post sur Facebook, le Centro Fondo Alpe Coe s'est adressé au public.
Photo: Facebook/Centro Fondo Alpe Coe

Les influenceurs également une source d’ennuis

Le problème du tourisme de masse s’est récemment illustré de manière encore plus spectaculaire au sud, dans la station de Roccaraso, dans les Abruzzes. Des influenceurs avaient publié sur les réseaux sociaux des images montrant un enneigement record, incitant des agences de voyages napolitaines à organiser des excursions d’une journée à prix réduit. Environ 220 bus et de nombreuses voitures ont alors amené près de 10'000 visiteurs supplémentaires dans une station complètement débordée.

Des scènes chaotiques se sont déroulées sur les pistes: certains visiteurs ont ignoré les règles, descendu les pentes avec des luges improvisées à partir de casseroles, ou allumé des barbecues dans la neige. Parallèlement, les routes d’accès étaient saturées, des déchets jonchaient le sol et les riverains se plaignaient de risques pour la sécurité. Le maire a parlé d’une véritable «attaque» contre la station. Les autorités ont réagi en limitant l’accès aux cars de tourisme et en renforçant les contrôles.

L’Autriche aussi impose ses règles

L’Autriche lutte elle aussi contre les excès… mais cette fois-ci, plutôt la nuit. La station de Sölden, dans la vallée de l’Ötz, a mis en place des mesures drastiques face aux débordements liés à l’après-ski. Depuis le 1er décembre 2025 et jusqu’au 19 avril 2026, l’alcool est interdit sur les places publiques et dans les rues du centre du village. Le problème: bruit, déchets et clients ivres continuant à faire la fête à l’extérieur, parfois même en jouant au football avec des canettes de bière.

Il reste possible de faire la fête à l’intérieur des établissements, mais plus à l’extérieur. Quiconque emporte ou consomme des boissons ouvertes dans la rue s’expose à une amende pouvant atteindre 2000 euros (près de 1830 francs). Le message des communes est clair, les sports d’hiver sont les bienvenus… mais dans le respect des règles.

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