Ce mercredi matin, un média iranien a rapporté que Mojtaba Khamenei, fils du dirigeant décédé Ali Khamenei, aurait été élu nouveau Guide suprême de l'Iran. Selon la chaîne d'information d’opposition Iran International, cette décision aurait été prise par une assemblée de 88 experts sous la pression des Gardiens de la révolution. Cependant, aucune confirmation officielle n'a encore été donnée.
Mojtaba Khamenei est le deuxième fils aîné d'Ali Khamenei. Il est depuis longtemps considéré comme un personnage influent au sein de l'appareil du pouvoir iranien. Mais jusqu'à présent, cet homme de 56 ans a peu fait parler de lui au-delà des frontières de son pays.
Stratège pour le compte de son père
Mojtaba Khamenei a suivi une formation religieuse à l'école de théologie de Ghom, l'une des plus importantes écoles de théologie chiite d'Iran. En 1987, il rejoint les Gardiens de la révolution islamique et sert dans la guerre entre l'Iran et l'Irak (première guerre du Golfe) jusqu'au cessez-le-feu de 1988. Durant cette période, il aurait noué de bonnes relations avec d'autres membres des Gardiens de la révolution, qui ont ensuite occupé des postes importants dans l'appareil de sécurité iranien.
Il s'est en outre rapproché très tôt de l'entourage de son père et s'est finalement imposé comme un acteur central et un habile stratège lors de ses décisions. Ali Khamenei a été élu Guide suprême de l'Iran en 1989, et cela a permis à Mojtaba de renforcer son propre réseau. Il entretiendrait toujours des liens solides avec des religieux influents.
Un rôle controversé lors des élections
Lors des élections présidentielles de 2005, Mojtaba Khamenei aurait contribué à la victoire de l'outsider Mahmoud Ahmadinejad grâce à ses réseaux d'influence. Selon «The Guardian», il aurait obtenu le soutien de son père, ce qui aurait joué un rôle déterminant. Le religieux modéré Mehdi Karroubi, candidat contre Mahmoud Ahmadinejad, soupçonnait d'ailleurs une ingérence électorale.
Modjtaba Khamenei aurait également joué un rôle décisif lors des élections présidentielles de 2009, également remportées par Ahmadinejad. Selon plusieurs sources, il aurait alors pris le contrôle de la milice Bassidj et l'aurait utilisée pour réprimer dans le sang les manifestations post-électorales.
Un conservateur pur et dur
Ces dernières années, le nom de Mojtaba Khamenei a été évoqué à plusieurs reprises. En novembre 2024 déjà, alors que des spéculations faisaient état d'une détérioration de l'état de santé d'Ali Chamenei, on parlait de lui comme potentiel successeur.
Tout comme son père, Mojtaba Khamenei est considéré comme un ultraconservateur. Il s'oppose fermement au courant réformiste en Iran – qui souhaite entre autres élargir les droits civiques, renforcer les élections libres et limiter le pouvoir des institutions non‑élues – ce qui le place à l'extrême droite du spectre politique iranien. Il est marié à Zahra Haddad-Adel, la fille de Gholam Ali Haddad-Adel, un homme politique iranien lui aussi partisan conservateur du maintien de la ligne dure du régime.