Pékin a fait le bon pari. Alors que la guerre contre l'Iran paralyse les tankers pétroliers dans les eaux du golfe Persique, la Chine se révèle mieux armée pour absorber le choc que les Etats-Unis ou ses alliés européens, rapporte le «Washington Post» ce vendredi. Et ce, malgré le fait que le pays dépend à 45% du pétrole transitant par le détroit d'Ormuz.
Beaucoup s'attendaient à voir le pays pâlir de la situation actuelle; aux Etats-Unis, certains républicains crient déjà victoire face à la Chine. Mais la réalité pourrait être tout autre, prévient le quotidien américain. Et sur le plan géopolitique, Blick l'écrivait aussi dès le début du conflit: un enlisement de la guerre contre l'Iran profiterait même à la Chine.
«Elle en sortira dans une position plus forte»
Ce sont des années de préparation à une crise énergétique mondiale qui place aujourd'hui la Chine dans une position bien plus solide qu'on ne le pensait, avance le quotidien américain. Pour rappel, le pays achète 56% de son pétrole et 32% de son gaz naturel liquéfié (GNL) au Moyen-Orient, selon le cabinet Kpler, cité par «Les Echos».
Pékin dispose notamment d'immenses réserves stratégiques de pétrole brut – estimées à 1,3 milliard de barils, soit plus de six mois d'autonomie en cas de blocage du détroit d'Ormuz –, d'un parc colossal de centrales à charbon fonctionnant en deçà de leur capacité, et d'investissements massifs dans les énergies renouvelables. De quoi, selon le «Washington Post», s'être «méthodiquement blindé contre les chocs extérieurs». «C'est un choc que la Chine peut absorber. Elle en sortira dans une position plus forte»: c'est ainsi que Josh Freed, analyste au think tank Third Way résume les enjeux.
La Chine devenue un «électro-Etat»
Certains experts qualifient désormais la Chine d'«Electrostate» (électro-Etat), car le pays de plus en plus alimenté par une électricité produite sur son propre territoire plutôt que par des combustibles fossiles importés. En Chine, près d'un tiers de sa consommation énergétique totale provient déjà de l'électricité produite sur son sol, soit 50% de plus que la moyenne mondiale. Plus d'un tiers de cette électricité est d'origine solaire, éolienne ou hydraulique.
Pendant ce temps, Washington tâtonne. Les attaques de Donald Trump contre l'éolien, le solaire et les véhicules électriques ont permis à la Chine d'accentuer son avance dans ces secteurs, rappelle le «Washington Post». «Toutes les administrations américaines récentes ont promis une nouvelle génération de centrales nucléaires sans jamais réussir à en construire. La Chine, elle, pose régulièrement la première pierre de nouveaux réacteurs», souligne encore le quotidien.