Malgré les tensions
L'Iran rend hommage au Guide suprême Ali Khamenei, 40 jours après sa mort

Le guide suprême iranien Ali Khamenei, assassiné le 28 février, a été honoré jeudi, 40 jours après sa mort. Des rassemblements ont eu lieu à travers l'Iran, malgré les tensions persistantes dans la région.
Photo: IMAGO/Anadolu Agency
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AFP Agence France-Presse

Des milliers d'Iraniens ont rendu hommage jeudi à l'ancien guide suprême Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de la guerre, appelant à ne pas tomber dans le «piège» de Washington avant des discussions au Pakistan.

Portraits du défunt en main et agitant des drapeaux de la République islamique, des fidèles du dirigeant assassiné ont pris part à des rassemblements organisés aux quatre coins du pays. L'échéance des 40 jours après un décès constitue un rite important du deuil chez les musulmans.

«L'assassinat de notre dirigeant bien-aimé était vraiment un acte lâche», dit à l'AFP Maryam Esmaïli, une employée du secteur privé âgée de 33 ans, pour qui les Etats-Unis et Israël «ont franchi notre ligne rouge».

Ces rassemblements se sont notamment déroulés à Ourmia (nord-ouest), Gorgan (nord-est) mais aussi à Téhéran, où les bombardements ont cessé depuis l'entrée en vigueur d'un fragile cessez-le-feu dans la nuit de mardi à mercredi.

Un martyre qui veille sur le peuple

Ali Khamenei avait 86 ans, dont plus de 36 à la tête de la République islamique. Son fils Mojtaba, qui lui a succédé début mars, n'était pas présent jeudi: blessé dans une frappe d'après des responsables iraniens, il n'est toujours pas apparu publiquement depuis sa nomination.

En revanche, le président Massoud Pezeshkian a participé à l'hommage et s'est fait prendre en photo avec des participants, selon les images de la télévision d'Etat.

L'hommage national a débuté à 09h40 (06h10 GMT). Le 28 février, à la même heure, des frappes tuaient Ali Khamenei dans sa résidence à Téhéran, avec des dizaines de hauts gradés et responsables. Cette attaque avait marqué le début d'un conflit qui a ensuite embrasé tout le Moyen-Orient, l'Iran ripostant par des frappes sur Israël et le Golfe.

Du fait de la guerre, des funérailles nationales pour Ali Khamenei, d'abord annoncées, n'avaient finalement pu être organisées. Malgré son «martyre», l'ayatollah Khamenei «est vivant, il est en train de nous regarder, et il prie pour chacun d'entre nous», lance Nastaran Safaï, une étudiante de 24 ans, pour qui la guerre s'est conclue par une «victoire» de l'Iran.

«Promesses vides de sens»

De son côté, Maryam Esmaïli dit ne pas croire aux négociations prévues en fin de semaine au Pakistan, arguant de la mauvaise foi des Américains. «Cela s'est produit de nombreuses fois dans le passé», souligne-t-elle, allusion à l'accord sur le nucléaire de 2015 dont le président américain Donald Trump s'était retiré trois ans plus tard.

«Cela devrait servir de leçon (...) pour ne pas tomber dans le piège de promesses vides de sens, faites par des pays hypocrites», estime la jeune femme.

Mohammad Hossein Bonakdar, un dirigeant d'institut de 44 ans, a lui une pensée pour le Liban, toujours bombardé par Israël malgré la trêve, et où plus de 200 personnes ont été tuées mercredi. Cette situation «révolte tout le monde» parmi ses amis et connaissances, dit-il.

Le Hezbollah libanais «nous a soutenus depuis le premier jour, en versant son sang (...) désormais notre devoir est de réagir à cette agression», renchérit Mahdi Mohaddes, un ingénieur de 41 ans, au milieu de drapeaux du mouvement allié de Téhéran.

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