Sa ligne rouge a été franchie
Comment Trump se prépare à frapper les mollahs

Alors que les autorités iraniennes annoncent des exécutions de manifestants, Donald Trump menace d’une «réaction sévère» et appelle les Américains à quitter l’Iran. Sanctions, cyber-offensive ou frappes ciblées figurent parmi les options évoquées.
1/2
Donald Trump se prépare à frapper le régime iranien.
RMS_Portrait_AUTOR_242.JPG
Guido Felder

Après la promesse de Donald Trump – qui a déclaré que «l'aide est en route» –, l'attente se fait de plus en plus longue. Quand et comment le président américain interviendra-t-il face aux troubles en Iran? Dans la nuit de mardi à mercredi, il a brandi la menace d'une «réaction sévère» aux exécutions imminentes et a exhorté tous les citoyens américains à fuir le pays: «Quittez l'Iran maintenant!»

Insuffisant toutefois pour convaincre les mollahs iraniens, qui ont fait la sourde oreille à cet avertissement. Bien au contraire: ils ont annoncé qu'ils procèderaient à des procès expéditifs et à des exécutions rapides de manifestants. Dès mercredi, les premiers condamnés pourraient être pendus à titre dissuasif. Pour Trump, une telle étape constituerait le franchissement définitif de la ligne rouge.

L'exécution annoncée d'Erfan Soltani, propriétaire d'un magasin, a marqué le coup d'envoi de ce nouveau durcissement. Arrêté vendredi, il a été condamné à mort sans avoir été entendu et sans avoir pu bénéficier de l'assistance d'un avocat. Sa famille a été informée que l'exécution aurait lieu ce mercredi.

Vers «le coup de grâce pour l'ayatollah»

Depuis le début des manifestations, entamées le 28 décembre et ayant déjà fait, selon l'ONG HRANA, au moins de 2000 morts, Trump et son équipe se sont à plusieurs réunies en urgence. Avec, autour de la table, des figures telles que le ministre de la Guerre Pete Hegseth, le ministre des Affaires étrangères Marco Rubio et le général du Pentagone Dan «Razin» Caine.

Parmi les personnalités qui encouragent Trump à passer à l'action, on trouve notamment Lindsey Graham. Le sénateur républicain de Caroline du Sud appelle le président américain à déchaîner le «Saint Enfer» sur l'Iran. «Il n'y a pas de plus grande menace pour l'ordre mondial que le régime religieux nazi», écrit-il sur X. A ses yeux, le «coup de grâce pour l'ayatollah» doit résulter d'une combinaison entre le courage des manifestants et une action résolue de Donald Trump. Mais à quoi celle-ci pourrait-elle ressembler? Blick fait le point.

Contenu tiers
Pour afficher les contenus de prestataires tiers (Twitter, Instagram), vous devez autoriser tous les cookies et le partage de données avec ces prestataires externes.

La stratégie de Trump

La manière dont Trump entend procéder reste en partie inconnue. Mais, comme le suggère Graham, elle devrait reposer sur une combinaison de mesures.

Etranglement économique

Trump entend sanctionner avec effet immédiat tous les pays commerçant avec l'Iran par une taxe de 25%. L'Inde, la Chine, les Emirats arabes unis et la Turquie figurent parmi les principaux partenaires commerciaux. La Suisse, qui exporte davantage vers l'Iran qu'elle n'importe et qui joue un rôle de médiation dans le conflit, ne devrait pas être concernée.

Cyber-offensive et information

Le régime iranien a temporairement coupé l'accès de la population à internet. Le système satellitaire Starlink de Elon Musk, qui offre un accès gratuit au réseau dans certaines régions, a néanmoins permis de contourner cette censure.

Parallèlement, les Etats-Unis et leur allié israélien chercheraient à neutraliser les dispositifs de surveillance. Sarah Havdala, du Jewish Institute for the Study of War (JINSA), écrit sur Fox News qu'«il faut s'attaquer aux réseaux de surveillance de l'Etat, stopper le Réseau national d'information et supprimer la base de données contenant les informations sur les dissidents».

Incitations aux défections

«L'aide est en route», «Continuez à protester – prenez en charge les institutions»: ces slogans visent à encourager les manifestants à tenir. En parallèle, Trump chercherait à fissurer le régime en proposant des incitations aux défections, ainsi que des garanties de sécurité à certaines élites. Cela pourrait aller de compensations financières à l'octroi de la citoyenneté américaine. Les régimes autoritaires chutent rarement sous la seule pression populaire, et bien plus souvent lorsque les élites se divisent.

Frappe militaire de précision

Avec la frappe ciblée contre des installations nucléaires iraniennes en juin 2025, Trump a démontré les capacités de son armée. Aujourd'hui encore, des attaques de précision contre des sites sensibles – bases militaires ou centres névralgiques du régime religieux – figurent parmi les options envisagées. Elles permettraient de détourner l'attention des mollahs des manifestations tout en réaffirmant la supériorité militaire américaine.

Problème pour Trump : son armada est actuellement engagée dans les Caraïbes. Le portail «Defence Security Asia» relève qu'«aucun porte-avions ou groupe naval n'est actuellement stationné au Moyen-Orient». Cette configuration complique toute opération contre l'Iran. Une offensive terrestre prolongée apparaît, elle, quasiment exclue.

Le régime est solidement assis

Même en mobilisant tous les leviers, renverser le régime iranien reste une tâche ardue. L'opposition demeure fragmentée et aspire avant tout à une amélioration de la situation économique.

Selon un rapport de NBC News, des responsables gouvernementaux israéliens et des pays arabes auraient conseillé à l'administration Trump de renoncer, pour l'heure, à toute attaque. Leur argument: attendre que le régime soit davantage affaibli par les manifestations.

Articles les plus lus