Invasion de souris sur le front ukrainien
«Elles se glissent dans nos pantalons et nous mordent le bout des doigts»

L'armée ukrainienne construit actuellement sa propre ligne de défense afin de stopper l'ennemi russe. Mais c'est aussi à un autre adversaire qu'elle doit faire face. Malgré sa petite taille, il a particulièrement soif de sang.
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Les petits rongeurs grignotent tout: les soldats, les véhicules, les câbles, tout y passe.
Photo: Anadolu via Getty Images

En plus du froid de l'hiver ukrainien et du combat éreintant quotidien sur le front, les soldats doivent désormais faire face à un autre fléau dans les tranchées: les souris. Elles répandent des maladies, transmettent la fièvre, des éruptions cutanées et des vomissements... 

Une soldate répondant au nom de Kira raconte à CNN comment son bataillon a été submergé par une véritable épidémie de souris près de Zaporijia. «Imaginez à quoi ressemblent nos nuits. Dès que vous fermez les yeux, une souris se glisse dans votre pantalon ou votre pull, se balade le long de votre corps pour venir vous mordre le bout des doigts. Si vous êtes chanceux, vous arrivez à dormir deux ou trois heures.»

Les souris immobilisent aussi les véhicules

L'Ukrainienne sur le front rapporte qu'environ 1000 souris ont été comptabilisées dans l'abri qu'elle partage avec quatre autres soldats. Elles se glissent dans les lits, les sacs de couchage, les sacs à dos, les groupes électrogènes, s'agitent dans les taies d'oreiller et les poches d'uniforme. Elles rongent les câbles, les fils électriques, se glissent dans les véhicules et les rendent hors service.

Il n'y quasiment aucune solution contre l'invasion de souris.
Photo: Anadolu via Getty Images

Rien ou presque n'est efficace contre ces bestioles, pas même les chats. Kira raconte à CNN qu'un chat mobilisé par les troupes a partiellement aidé à attraper quelques souris. Mais même le félin a fini par capituler. Les soldats ont tenté d'utiliser des produits anti-rongeurs trouvés dans les magasins à l'arrière du front, de pulvériser de l'ammoniaque, d'installer des pièges... en vain. Rien n'y fait pour maîtriser ce fléau.

Au-delà des morsures désagréables, ce sont surtout les maladies que les souris transmettent qui inquiètent. En décembre déjà, les services secrets ukrainiens ont annoncé que les troupes russes étaient affaiblies par la «fièvre de la souris». Celle-ci serait déclenchée par l'inhalation de poussière d'excréments de souris ou par la présence d'excréments de souris dans les aliments.

L'Ukraine reconstruit la ligne Sourovikine

La situation ne devrait pas s'améliorer dans les semaines à venir. L'Ukraine, à l'instar de l'agresseur russe, s'est littéralement enterrée le long du front. Des tranchées fraîches s'étendent le long de la ligne, des dents de dragon en béton ont été érigées et de nouveaux centres de commandement ont été créés, d'après le «Telegraph».

L'Ukraine construit actuellement sa propre ligne Sourovikine, du nom du général russe Sergueï Sourovikine. C'est lui qui a stoppé la contre-offensive ukrainienne en fortifiant massivement plusieurs lignes de défense. Ces lignes présentent de fortes similitudes avec le modèle russe: il s'agirait également d'un modèle de tranchées, de pièges à chars et de champs de mines largement développés.

Les Ukrainiens sont toutefois pris entre deux feux. Plus ils enterrent leur armée dans une guerre de position, plus l'espoir de reconquérir les territoires occupés par les Russes s'efface. C'est ici que le concept de «défense active» entre en jeu: tenir les lignes de défense tout en étant offensif, dans l'espoir de trouver des points faibles qui pourraient conduire à un effondrement des lignes russes, rapporte encore le «Telegraph».

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