Le navire de croisière immobilisé dans l'Atlantique avec un foyer d'hantavirus a fait l'objet des contrôles de rigueur avant son départ d'Ushuaïa en Argentine le 1er avril, a assuré à l'AFP l'autorité sanitaire de la Terre de Feu, jugeant «très improbable» que la maladie ait été contractée localement.
«Pour nous, c'est très improbable. Pour soupçonner une source de contagion locale, on devrait avoir un cas d'hantavirus dans la province (de la Terre de Feu), or ce n'est pas le cas», a déclaré mardi Juan Petrina, directeur de l'Epidémiologie et de la Santé environnementale de la province argentine.
Le ministère local de la Santé, a-t-il rappelé, a souligné lundi que la Terre de Feu ne compte «aucun cas confirmé d'hantavirus depuis que des registres épidémiologiques existent».
La zone endémique dans la cordillère argentine se situe surtout dans les provinces de Neuquen, Rio Negro et Chubut, bien plus au nord, «en raison des caractéristiques environnementales de la forêt andino-patagonique et de ses conditions d'humidité», selon le ministère.
88 passagers et 59 membres d'équipage
Le MV Hondius reliait Ushuaïa à l'archipel du Cap-Vert. L'OMS a fait état dimanche de trois morts liés à un possible foyer d'infection à hantavirus – qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu – sur ce navire. Depuis dimanche, l'embarcation mouille au large du port de Praia où il n'a pas été autorisé à accoster. Il compte actuellement à son bord 88 passagers et 59 membres d'équipage de 23 nationalités.
Le directeur de l'Epidémiologie souligne que le navire a fait l'objet des contrôles médicaux avant son départ il y a plus d'un mois, sans rapporter de patient présentant un quelconque symptôme. «Chaque compagnie qui exploite un navire de croisière exige des informations médicales des passagers et membres d'équipage, car ils se rendent dans des lieux inhospitaliers où il n'y a pas d'établissements médicaux», a-t-il expliqué.
«Une transmission interhumaine»
A ce stade, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a indiqué que son hypothèse de travail était qu'un ou des premiers cas «ont été infectés en dehors du navire» par le virus et qu'il y a eu ensuite «une transmission interhumaine».
Juan Petrina rappelle que la majorité des passagers du MV Hondius sont entrés en Argentine «un ou deux jours avant de venir à Ushuaïa, de telle sorte qu'ils n'ont pas eu beaucoup de temps pour se rendre dans des zones endémiques de la maladie, mais cela doit être vérifié en temps voulu».