Il avait annoncé il y a un mois l'entrée en guerre des Etats-Unis contre l'Iran par une vidéo enregistrée dans sa résidence de Floride, casquette sur la tête et sans cravate. De manière beaucoup plus solennelle, Donald Trump livre mercredi sa première allocution à la nation depuis le début d'un conflit qui le plombe politiquement.
A 21h00 à la Maison Blanche (01h00 GMT jeudi), le président américain a promis une mise au point «importante» sur l'opération militaire «Fureur épique» lancée le 28 février, après nombre de déclarations contradictoires sur la tactique militaire à court terme comme les objectifs à long terme.
Seule constante: Donald Trump répète à l'envi que la guerre a été «gagnée», que le «régime» iranien a été anéanti ou décimé. Depuis quelques jours, la Maison Blanche et le «commandant en chef» lui-même martèlent aussi que le calendrier initial, d'un conflit n'excédant pas six semaines, sera peu ou prou tenu. Tout en laissant la porte ouverte à un déploiement de troupes au sol.
Le président américain a assuré lundi que l'offensive durerait encore deux à trois semaines et que son issue ne dépendait que de son bon vouloir, c'est-à-dire ni de négociations avec Téhéran, ni de l'état dans lequel serait laissé le détroit d'Ormuz.
Cote de confiance au plus bas
En plus d'assurer à des Américains en majorité sceptiques que tout est sous contrôle, quelques mois avant qu'ils ne se rendent aux urnes pour des législatives déterminantes, le républicain de 79 ans pourrait ouvrir un nouveau front, diplomatique celui-là, contre l'Otan.
Le quotidien britannique The Telegraph lui a demandé mercredi s'il envisageait de remettre en question l'adhésion de son pays à l'Alliance atlantique après le conflit, et il a répondu: «Oh oui, je dirais même que cela va au-delà d'une simple remise en question».
Dégringolade de ses points forts
La marge de manoeuvre constitutionnelle de Donald Trump en la matière n'est toutefois pas claire. L'Otan pourrait, au minimum, servir de diversion au président américain. Il a martelé que les alliés des Etats-Unis devaient en faire plus pour rouvrir le détroit d'Ormuz, dont la fermeture a fait grimper le prix du pétrole, et par effet de contagion les dépenses en carburant des Américains.
Il répète aussi que l'Otan coûte cher aux contribuables américains, qui vont déjà devoir supporter le coût très important de la guerre contre l'Iran. Les enquêtes d'opinion montrent que les électeurs sont en majorité opposés au conflit, même si la base «MAGA» de Donald Trump continue à le suivre.
Elles signalent aussi une dégringolade sur ce qui a été l'un des points forts de l'ancien homme d'affaires pendant la campagne. La proportion d'Américains faisant confiance au président pour gérer l'économie du pays est tombée à 31% dans la dernière édition d'un sondage CNN/SSRS, un plus bas dans toute sa carrière politique.