Les sanctions tombent à l'eau
Les sanctions contre Poutine font chou blanc et il le sait bien

La Russie sous-traite sa production aéronautique à l'Inde pour contourner les sanctions. L'industrie indienne construit ses premiers avions à réaction de fabrication nationale.
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En collaborant avec l'Inde, Vladimir Poutine veut donner un nouvel élan à l'industrie aéronautique russe.
Photo: Getty Images
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Patrik Berger

Les sanctions occidentales pèsent énormément sur l'aviation russe. Elles bloquent l'accès aux pièces de rechange, à la maintenance et aux nouveaux avions d'Airbus ou de Boeing. Les flottes des compagnies aériennes russes se font vieilles et enregistrent un besoin croissant de réparations. Jusqu'à présent, la Russie essayait d'obtenir les pièces urgentes via des pays tiers et remettait en service des avions désaffectés ou les démontait pour en garder les pièces.

Mais Vladimir Poutine et ses conseillers ont trouvé une nouvelle façon d'obtenir des jets neufs. Ils ont approfondi leur coopération avec l'Inde et son aviation. En effet, l'Inde ne participe pas aux sanctions occidentales contre la Russie ou Poutine et rêve depuis longtemps d'avoir son propre avion de ligne, d'après le portail aéronautique Aerotelegraph.

Cette collaboration doit fortement déplaire au président américain Donald Trump. Pendant l'été 2025 déjà, lorsque l'Inde contournait les sanctions occidentales, il l'a punie en doublant ses droits de douane, les portant à 50%. Depuis, l'Inde cherche à se rapprocher d'autres espaces économiques, avec succès. En début de semaine, l'Inde a signé un accord de libre-échange historique avec l'UE, visant à supprimer les droits de douane sur plus de 90% des marchandises.

L'Inde a sa propre production

Il y a une semaine à peine, au Forum économique mondial (WEF) à Davos, le ministre indien de l'Aviation Ram Mohan Naidu a interpellé l'assemblée: «Pourquoi ne pas voler dans un avion 'made in India'?» L'Inde est en plein essor. Selon la Banque mondiale, l'économie va croître jusqu'à 6,7% par an jusqu'en 2027 et, en conséquence, le trafic aérien explose. D'ici 2047, 350 aéroports devraient être opérationnels, soit presque cinq fois plus qu'en 2014. Les compagnies aériennes indiennes passent déjà des commandes record d'avions: Air India a commandé 470 appareils auprès d'Airbus et de Boeing, et selon Aerotelegraph, Indigo a plus de 500 commandes en cours.

Mais l'Inde aspire à devenir plus qu'un simple acheteur et souhaite aussi réduire sa dépendance aux chaînes d'approvisionnement occidentales. En collaboration avec la Russie, elle prépare le lancement de sa propre production aéronautique. Le constructeur public Hindustan Aeronautics a obtenu les licences pour le Yakovlev Superjet. Le Superjet sera également assemblé en Inde. L'Iliouchine Il-114-300 y sera également produit à l'avenir.

Le superjet russe construit en Inde

Le premier vol du Yakovlev Superjet, un avion régional biréacteur, a eu lieu en 2008 et la première livraison en 2011. L'avion peut accueillir entre 87 et 108 passagers. Conçu pour les courts et moyens courriers, il a été le premier projet d'avion de ligne civil russe à bénéficier d'une importante participation internationale.

Puisque la Russie n'a plus le soutien de l'Occident, elle développe à plein régime une nouvelle variante, baptisée Superjet New. Elle est équipée de systèmes et de moteurs russes et devrait pouvoir se passer entièrement de composants des anciens partenaires. Le Superjet New devrait à terme être construit en Inde grâce à l'expertise russe, puis exporté vers la Russie, contournant ainsi toutes les sanctions occidentales.

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