La guerre en Ukraine loin d'être finie
«Poutine pense pouvoir duper les Etats-Unis»

La Russie prévoit de doubler ses troupes à la frontière de l'OTAN, préviennent les reseignements estoniens. En manque de ressources, Poutine reste convaincu de pouvoir s'emparer de l'Ukraine.
1/4
Vladimir Poutine n'est pas prêt pour la paix.
Photo: keystone-sda.ch
RMS_Portrait_AUTOR_332.JPG
Janine Enderli

La Russie n’est pas en mesure d’attaquer l’OTAN l’an prochain ni l’année suivante, mais l’Occident doit rester sur ses gardes. Telle est la position défendue par Kaupo Rosin, directeur des services de renseignement extérieurs estoniens, lors d’un échange avec des journalistes relayé par l’agence de presse AP.

«Actuellement, la Russie ne dispose pas de ressources suffisantes», a déclaré Kaupo Rosin. Cela ne signifie toutefois pas la fin de l’alerte: Moscou prévoit de créer de nouvelles unités militaires et veut doubler, voire tripler, les effectifs stationnés à la frontière de l’OTAN par rapport à la période précédant la guerre. 

Un exercice risqué pour Poutine

Dans le même temps, Moscou doit maintenir une «part significative» de ses forces armées dans les territoires ukrainiens occupés ainsi que sur son propre sol afin de prévenir toute future contre-offensive de Kiev. Kaupo Rosin estime que «Poutine reste fermement convaincu d’une victoire en Ukraine. Dans son esprit, il pense pouvoir duper les Etats-Unis.» Selon lui, le chef du Kremlin n’a aucune intention de mettre un terme à l’invasion de son voisin, qui dure depuis près de quatre ans.

Des responsables russes ont certes évoqué publiquement des négociations avec les Etats-Unis et l’Ukraine, mais la volonté de compromis serait extrêmement limitée. Selon Kaupo Rosin, ces discussions relèvent d’une manœuvre tactique destinée à gagner du temps. Toujours selon le responsable estonien, ces conclusions s’appuient sur des informations des services secrets obtenues par Tallinn à partir de conversations internes russes.

Poutine est-il influencé par des rapports?

Le président américain Donald Trump a fixé un ultimatum aux parties en guerre, leur demandant de mettre fin au conflit d’ici juin. Kaupo Rosin a toutefois relevé que «les précédentes échéances sont restées sans effet». Entre-temps, l’escalade de la violence se poursuit en Ukraine. Mardi matin, des bombes planantes russes ont tué une fillette de onze ans et sa mère dans la région de Donetsk. Sept autres personnes, dont une enfant de sept ans, ont été blessées.

La Russie doit par ailleurs faire face à de lourdes pertes humaines. Poutine serait influencé par des rapports «beaucoup plus optimistes» que la réalité du terrain, a encore indiqué Kaupo Rosin. «Plus on descend dans la chaîne hiérarchique, plus on mesure l’ampleur réelle des difficultés», a-t-il affirmé. 

Articles les plus lus