Les cours du pétrole sont très volatils jeudi face à une guerre qui s'éternise au Moyen-Orient et rend de plus en plus incertain un déblocage rapide du détroit d'Ormuz, conduisant le Brent à atteindre un sommet avant de retomber.
Vers 12H50 GMT (14H50 à Paris), le prix du baril de Brent, pour livraison en juin, dont c'est le dernier jour de cotation, perdait 3,58% à 113,80 dollars, après être monté plus tôt en séance à 126,41 dollars, son plus haut depuis le début de la guerre en Ukraine. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, reculait de 2,65% à 104,05 dollars.
Le fait que le contrat de référence pour le Brent arrive à expiration «aura un impact significatif sur le cours affiché à l'écran», qui devrait baisser demain car l'échéance passe à juillet et prendra donc en compte l'espoir que la situation s'améliore d'ici là, précisent les analystes de DNB Carnegie.
«Un changement de rhétorique de Trump»
La forte volatilité peut en effet s'expliquer par le fait que la «liquidité s'est déplacée vers le prochain contrat», a affirmé lors d'une visioconférence sur l'état du marché pétrolier Naveen Das, analyste chez Kpler. La baisse est donc plutôt perçue comme un reflux du marché après le sommet sur le Brent et suivant une forte hausse des prix ces derniers jours.
L'envolée de ces derniers jours est liée à «un changement de rhétorique de Trump» à propos de l'Iran qui ne semble plus pressé d'obtenir un accord, explique à l'AFP Ole R. Hvalbye, analyste chez SEB. Or, tant que la guerre se poursuit, les exportations du Golfe qui passaient via le détroit d'Ormuz sont quasi-paralysées, et le risque d'une reprise des hostilités reste présent.
Selon le média Axios, Donald Trump doit être briefé jeudi sur de possibles nouvelles opérations militaires contre l'Iran. «Une attaque tactique limitée ne provoquerait probablement qu'une hausse de prix de courte durée, une escalade en plusieurs phases risquerait d'entraîner une perturbation structurelle et prolongée de l'offre», résume Norman Liebke, analyste chez Commerzbank.
Par ailleurs, la hausse des prix sur les contrats à terme est aussi le signe d'un rattrapage d'un «retard par rapport au marché physique», résume Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management. Autrement dit, le mirage d'une crise passagère s'est évaporé: les marchés ont cessé de parier sur la fin des hostilités pour s'aligner sur la réalité d'une pénurie durable.