Joe Biden menace et attaque Poutine
Le président américain Joe Biden a déclaré samedi en Pologne qu'il «n'était pas sûr» que l'annonce par la Russie de concentrer son offensive sur le Donbass signifiait un changement de sa stratégie en Ukraine.
Il s'est entretenu avec deux ministres ukrainiens et a réaffirmé à son homologue polonais, Andrzej Duda, que l'article 5 du traité de l'Otan - stipulant que l'attaque contre un pays membre est une attaque contre tous - constituait un «devoir sacré» pour les États-Unis.
Il a qualifié Vladimir Poutine de «boucher» lors d'une rencontre avec des réfugiés ukrainiens. La bataille «entre la démocratie et l'autocratie» va être longue mais les Etats-Unis sont «au côté» de l'Ukraine, a-t-il ensuite dit.
Le peuple russe «n'est pas notre ennemi», a-t-il insisté, mais a mis en garde ses dirigeants: «ne pensez même pas à avancer d'un centimètre en territoire de l'OTAN.» «Pour l'amour de Dieu, cet homme ne doit pas rester au pouvoir», a-t-il enfin lancé à propos de Vladimir Poutine. La Maison blanche a précisé ensuite que Joe Biden n'appelait pas là à «un changement de régime en Russie» mais faisait référence à ses actions à l'extérieur.
Manifestation en solidarité des réfugiés
Près de 3,8 millions de personnes ont fui l'Ukraine, majoritairement pour la Pologne, depuis l'invasion de l'armée russe le 24 février, selon l'ONU, mais le nombre d'arrivées s'est très nettement ralenti depuis le début de la semaine.
Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi à Londres pour soutenir les Ukrainiens, le maire travailliste de la capitale britannique, Sadiq Khan, jugeant trop timorée l'action du gouvernement envers les réfugiés.
Les dernières avancées militaires
La ville de Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine et relativement épargnée par les combats jusqu'ici, a subi deux frappes russes samedi après-midi, faisant au moins cinq blessés, selon le gouverneur de la région.
À environ 120 km au nord-est de Kiev, la ville de Tcherniguiv est encerclée par les forces russes, selon le maire.
Les forces ukrainiennes ont annoncé avoir repris le contrôle de la ville de Trostianets, dans le nord-est. Autour de Donetsk et Lougansk, les deux grandes villes du Donbass, elles assurent «avoir infligé des pertes importantes aux envahisseurs russes», faisant état de trois avions abattus, huit chars détruits et quelques 170 soldats tués côté russe.
De son côté, le ministère russe de la Défense a fait état d'une bataille pour le contrôle de deux villages près de Donetsk. Au nord, l'armée russe a pris le contrôle de la ville de Slavoutitch, où réside le personnel de la centrale de Tchernobyl.
L'Ossétie du Sud, république autoproclamée qui a fait sécession de la Géorgie, a annoncé avoir envoyé des soldats en Ukraine pour «aider à protéger la Russie».
Le maire de Kiev a finalement renoncé à imposer un nouveau couvre-feu de 35 heures à partir de samedi soir, pour revenir au couvre-feu ne s'appliquant que de 20 heures à 7 heures, comme tous les soirs.
Nouvel appel à se passer du gaz russe
Le président ukrainien a accusé la Russie d'alimenter une dangereuse course aux armements en mettant en avant son arsenal nucléaire, lors d'une intervention vidéo au Forum de Doha.
Volodymyr Zelensky a également appelé le Qatar à augmenter sa production de gaz naturel liquéfié pour contrer les menaces russes d'un «chantage au monde entier» sur l'énergie.
Le flou persiste sur la disparition de certains généraux russes
Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou, dont l'absence avait nourri des interrogations, a fait une première apparition publique en deux semaines, selon des images diffusées samedi.
Un grand flou règne quant au sort des généraux russes morts en Ukraine, au nombre de sept selon Kiev. Selon des responsables occidentaux un autre général, Vladislav Yerchov, a été démis de ses fonctions par le Kremlin à cause des lourdes pertes subies par les troupes russes. Seule la mort de deux hauts gradés a été confirmée par Moscou.
Le ministère de la Défense russe a assuré samedi ne pas prévoir d'appeler ses réservistes pour rejoindre les combats en Ukraine, imputant aux services secrets ukrainiens de «faux appels» reçus par des Russes.
(AFP)