Le premier groupe de transport aérien européen Lufthansa a abaissé mardi ses prévisions pour 2026, après une chute de son bénéfice trimestriel liée à l'envolée des coûts du kérosène, provoquant une correction du titre en Bourse. Ses deux concurrents de taille comparable en Europe, Air France-KLM et IAG, ont la semaine dernière aussi affiché des résultats en net recul au deuxième trimestre et revu en baisse certaines prévisions, sous l'effet de la guerre en Iran.
D'avril à juin, le résultat opérationnel ajusté (EBIT) du groupe de Francfort s'est établi à 383 millions d'euros, soit une baisse de 56% par rapport au deuxième trimestre 2025, principalement en raison des prix du carburant, qui ont été «environ 750 millions d'euros supérieurs au niveau de l'année précédente», a expliqué l'entreprise allemande.
Difficultés à la Bourse
Lufthansa a, dans la foulée, raboté sa prévision de croissance annuelle, tablant désormais sur un EBIT ajusté compris entre 1,7 et 2,2 milliards d'euros en 2026, contre un niveau «significativement supérieur» anticipé auparavant, tout en soulignant l'incertitude quant à l'évolution du conflit dans les mois à venir.
Ces annonces étaient froidement accueillies mardi matin à la Bourse de Francfort, où le titre Lufthansa cédait près de 9% vers 08H30 GMT, bon dernier de l'indice MDax des valeurs moyennes. Lufthansa est cependant parvenu au deuxième trimestre à compenser environ 60% de ses augmentations de coûts, grâce notamment à une stratégie dite de «hedging», qui lui permet de se couvrir en partie contre les fluctuations du prix du kérosène.
Dans ce domaine, le groupe allemand est bien positionné par rapport à ses concurrents. Pour le troisième trimestre 2026, environ 82% du volume de kérosène dont il a besoin est couvert, contre 74% pour IAG et 66% pour Air-France KLM.
Cap sur l'Afrique et l'Asie
En revanche, ses résultats sont plombés par «des charges financières d'au moins 150 millions d'euros» causées par les grèves des syndicats de pilotes et du personnel de bord, avec lesquels la direction de Lufthansa entretient des relations très tendues. Entre avril et juin, le groupe aérien, avec sa marque principale Lufthansa, mais aussi de nombreuses autres compagnies comme Swiss, Austrian Airlines ou Eurowings, a vu son chiffre d'affaires augmenter de 8% sur un an, à 11,1 milliards d'euros, du fait d'une «demande intacte».
La compagnie Swiss, qui a également présenté ses résultats individuels mardi, a elle aussi fait état d'une «demande soutenue», mais enregistré au premier semestre un EBIT ajusté en baisse de 3% sur un an, à 189,3 millions de francs suisses. Certaines compagnies appartenant à Lufthansa ont récemment fait les frais du plan d'économies du groupe, comme la filiale CityLine. Fermée en avril, elle opérait des vols court-courrier depuis Francfort et Munich.
Lufthansa mise beaucoup sur les continents africain et asiatique, où une forte demande a été observée depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, ses rendements sur les routes asiatiques ayant par exemple progressé de 13% sur un an.