«Ensemble pour nos amis danois»
La Suède et l'Allemagne réaffirment leur soutien au Groenland

La Suède a dénoncé la rhétorique menaçante de Washington envers le Groenland et le Danemark. De son côté, Berlin réitère son soutien au territoire danois avant des rencontres diplomatiques à Washington
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Donald Trump martèle que les Etats-Unis doivent prendre le contrôle du Groenland, territoire autonome danois, pour assurer leur propre sécurité.
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ATS Agence télégraphique suisse

Le Premier ministre suédois Ulf Kristersson a condamné dimanche la «rhétorique menaçante» de l'administration américaine face au Groenland et au Danemark. Ce dernier est un allié «très loyal» des Etats-Unis, a-t-il rappelé. De son côté, le gouvernement allemand a réaffirmé dimanche son soutien au territoire autonome danois, avant des rencontres diplomatiques de deux de ses ministres à Washington lundi.

«Ensemble pour nos amis danois»

Le président américain martèle que les Etats-Unis doivent prendre le contrôle du Groenland, territoire autonome danois, pour assurer leur propre sécurité face à la Chine et à la Russie, et que le Danemark a délaissé l'immense île arctique et sa défense. Au printemps, le vice-président JD Vance avait qualifié le Danemark de «mauvais allié», déclenchant l'ire des intéressés, qui avaient rappelé avoir été auprès des Américains notamment en Irak et en Afghanistan.

«Les Etats-Unis devraient au contraire remercier le Danemark, qui au fil des ans a été un allié très loyal», a dit Ulf Kristersson lors d'une conférence sur la Défense suédoise.

«La Suède, les pays nordiques, les Etats baltes et plusieurs grands pays européens se tiennent ensemble pour nos amis danois», a-t-il rappelé, dénonçant la «rhétorique menaçante de l'administration américaine à l'égard du Danemark et du Groenland». En outre, une éventuelle capture par les Américains «constitue une violation du droit international et risque d'encourager d'autres pays à agir exactement de la même manière», a-t-il insisté. «C'est une voie dangereuse sur laquelle s'engager».

Berlin appelle au respect de la souveraineté

Avant de rencontrer lundi son homologue américain Marco Rubio dans la capitale américaine, notamment au sujet de la guerre en Ukraine, le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul fait escale dimanche à Reykjavik.

Avec la cheffe de la diplomatie islandaise Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir, il abordera les «défis stratégiques particuliers du Grand Nord», d'après un communiqué du ministère, dans un contexte tendu entre le Groenland et les Etats-Unis. Il est «parfaitement clair (...) que ce qui se passe au Groenland est décidé par les Groenlandaises et les Groenlandais. Et cela est décidé par le Royaume du Danemark», a déclaré le ministre sur la chaine de télévision publique ZDF.

Néanmoins, le président américain Donald Trump a selon lui raison de dire que «le nord de l'Europe notamment a intérêt à ce que nos intérêts de sécurité y soient préservés, y compris face à la Chine et à la Russie». L'Allemagne et le Danemark seraient donc prêts à s'engager davantage dans l'Arctique, a poursuivi Wadephul.

Donald Trump martèle que les Etats-Unis doivent prendre le contrôle de ce territoire autonome danois, par «la manière douce» ou «la manière forte», après que Copenhague a répété que qu'il n'était pas à vendre. «La souveraineté et l'intégrité territoriale doivent être respectées», a déclaré de son côté le ministre des Finances allemand Lars Klingbeil, avant de se rendre à un sommet international sur les matières premières critiques à Washington. «Nous renforçons la sécurité dans l'Arctique ensemble, en tant qu'alliés de l'Otan, et non les uns contre les autres», a ajouté le ministre qui est également vice-chancelier.

Accord de défense vieux de 75 ans

Colonie danoise jusqu'en 1953, le Groenland, riche en ressources minières et devenu une route maritime stratégique avec la fonte des glaces dans l'Arctique, a gagné son autonomie 26 ans plus tard. Sa population et sa classe politique rejettent l'idée de devenir américains et martèlent que l'avenir du Groenland doit être décidé par eux.

Depuis 1951, il existe un accord de défense entre les Etats-Unis, le Danemark et le Groenland qui donne quasiment carte blanche aux forces armées américaines sur le territoire groenlandais, si elles préviennent en amont les autorités locales.

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