Onze commerces saccagés
De la fête du tram aux pillages: la nuit où Annemasse a basculé

La journée du samedi 17 octobre devait célébrer le tram 17 à Annemasse, elle s’est achevée par des pillages en centre-ville. La mairie dénonce onze commerces pris pour cible. Quatre personnes ont été interpellées.
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La journée devait célébrer le tram 17 à Annemasse; elle s’est achevée par des pillages en centre-ville.
Photo: DR

En bref

  • Annemasse a inauguré l’extension de la ligne 17 du tram avant une soirée de violences
  • Onze commerces ont été ciblés et pillés samedi soir; quatre personnes ont été interpellées
  • Le maire Gabriel Doublet a condamné les dégradations, sur fond de violences liées au trafic de drogue
Toan Izaguirre - Journaliste Blick
Toan IzaguirreJournaliste Blick

Aux portes de Genève, Annemasse a elle aussi connu un week-end de violences en marge de la mobilisation du 17 octobre. La journée de samedi avait pourtant bien commencé. La ville inaugurait l’extension de la ligne 17 du tram, après trois années de travaux. Des centaines d’habitants avaient fait le déplacement pour célébrer l’événement. Autorités françaises et genevoises, parmi lesquelles Pierre Maudet, conseiller d’Etat chargé de la mobilité, affichaient leur meilleur sourire au moment de couper le traditionnel ruban.

Alors que, dès le matin, des violences éclataient dans plusieurs grandes villes françaises en marge des manifestations contre la vie chère, Annemasse est d’abord restée calme. Selon les autorités, une cinquantaine de personnes s’étaient rassemblées au rond-point de l’Etoile, dans une ambiance qualifiée de «pacifique».

C’est dans la soirée que la situation s’est envenimée. «Ce jour de fête» pour la ville a pris une tout autre tournure lorsque des centaines de jeunes ont gagné le centre-ville. Comme dans de nombreuses villes de France, la nuit a basculé dans la violence. Des groupes s’en sont pris aux vitrines: onze commerces ont été ciblés et pillés, dénonce la mairie dans un communiqué. Une bijouterie a été entièrement dévalisée, et les enseignes Sephora et Monoprix ont également été visées. Quatre personnes ont été interpellées, selon les autorités.

Annemasse, déjà minée par le narcotrafic

«Nous pouvions espérer que la nuit, comme la journée, permette aux revendications légitimes de s’exprimer dans un cadre serein et dans l’unité. Nous avons assisté à l’inverse», regrette Gabriel Doublet, le maire d’Annemasse.

Dimanche, au lendemain de cette nuit de violences, Gabriel Doublet a de nouveau dénoncé les dégradations: «Je peux entendre la colère, les inquiétudes et les attentes sociales qui traversent notre pays. Je ne peux pas accepter qu’elles prennent la forme de vitrines brisées et de pillages. Casser le commerce de son voisin n’a jamais fait avancer aucune cause.»

Depuis début septembre, Annemasse fait face à une flambée de violences liées au trafic de drogue. Plusieurs fusillades ont éclaté dans le quartier du Perrier, et un homme de 25 ans a été tué par balle le dimanche 6 septembre. Le maire qualifiait récemment ce climat de «lourd», évoquant des événements «dramatiques». Annemasse et les communes voisines, comme Gaillard, traversent une série noire.

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