Il a perdu un million
Une gendarme accusée d'avoir dépouillé un riche retraité

Plusieurs interpellations ont eu lieu après qu'une gendarme a soutiré un million d'euros à un retraité. La trentenaire prétend qu'il s'agissait de cadeaux et que l'homme savait parfaitement ce qu'il faisait.
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La gendarme a été interpellée en mai 2025. Elle a ensuite été remise en liberté, sous contrôle judiciaire (photo prétexte).
Photo: IMAGO/Sportpix
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AFP Agence France-Presse

Une ancienne gendarme est accusée d'avoir soutiré un million d'euros à un riche retraité, lorsqu'elle exerçait en Charente, et d'en avoir fait profiter cinq de ses proches, mis en examen à leur tour jeudi, a-t-on appris vendredi de source proche de l'enquête.

En 2022, alors qu'elle travaillait à la brigade territoriale de Hiersac, à l'ouest d'Angoulême, cette femme de 34 ans avait rencontré cet homme, décédé en avril 2025 à l'âge de 90 ans, qui s'était installé dans un village charentais après avoir fait carrière dans l'agroindustriel dans le Nivernais, selon le quotidien «Charente Libre», qui a révélé l'affaire.

Ils se sont liés d'amitié, confirme une autre source, proche du dossier. Elle lui a tout d'abord rendu des services, fait son ménage, ses courses. Puis il lui est reproché d'avoir abusé de la faiblesse de cet homme en détournant des Louis d'or ou des actions en bourse, pour environ un million d'euros de préjudice. Un ancien collègue a confié à Charente Libre que les gendarmes avaient été «intrigués» «de la voir arriver en Porsche à la brigade de Hiersac».

Plusieurs interpellations

La gendarme, devenue officier de police judiciaire en février 2024, selon un arrêté du Journal officiel, a été interpellée en mai 2025, mise en examen puis écrouée durant plusieurs semaines, selon la source proche de l'enquête. Elle a été remise en liberté, sous contrôle judiciaire et n'exerce plus le métier de gendarme. Cette semaine, sa mère, deux ex-petits amis et deux de ses soeurs ont été interpellés par les gendarmes de la brigade de recherches de Cognac entre la Normandie, d'où est originaire la gendarme, et la Charente.

Soupçonnés d'avoir bénéficié de cadeaux payés avec l'argent généré par cet abus de faiblesse, ils sont poursuivis pour recel et blanchiment et ont tous les cinq été placés sous contrôle judiciaire jeudi matin, avec l'interdiction d'entrer en contact les uns avec les autres, selon la source proche de l'enquête.

«Ce sont des cadeaux»

Le parquet d'Angoulême ne souhaite pas s'exprimer sur cette affaire et l'information judiciaire se poursuit. «Il n'y a eu ni soustraction ni manoeuvre: ce sont des cadeaux. Ma cliente a été très présente; une amitié s'est nouée puis a évolué vers un lien quasi filial. Il s'est montré particulièrement généreux et il était parfaitement en possession de ses moyens. Jusqu'à nouvel ordre, pour qu'il y ait abus de faiblesse, encore faut-il caractériser l'état de faiblesse», a déclaré à l'AFP l'avocate de la mise en cause, Me Céline Bekerman, regrettant «une instruction menée uniquement à charge».

«Cette générosité a manifestement pu provoquer des convoitises, sinon des jalousies, chez certains collègues. Mais ce Monsieur restait libre, jusqu'à preuve du contraire, de faire ce qu'il voulait de son argent», a-t-elle poursuivi. L'abus de faiblesse ou l'abus de l'état d'ignorance, qui consiste notamment à profiter de la situation de vulnérabilité, de l'âge de la victime, est puni de trois ans de prison et de 375'000 euros d'amende. 


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