Au lendemain de la victoire historique de l'AfD en Saxe-Anhalt, dans l'est de l'Allemagne, ni Marine Le Pen ni Jordan Bardella n'ont en France réagi au triomphe de leurs sulfureux ex-alliés d'extrême droite.
Les lieutenants de leur formation, le Rassemblement national se sont contentés de «prendre acte», en rappelant la rupture consommée avec le parti allemand.
La veille du scrutin en Allemagne, Jordan Bardella avait pourtant semblé se satisfaire que «la pression électorale exercée par l'AfD (ait) contribué à faire bouger les lignes au sein du gouvernement» allemand, qui «a rétabli il y a quelques mois des contrôles à ses frontières».
Une rupture au Parlement européen
Mais le président du RN avait aussi souligné qu'«un certain nombre de désaccords» l'avaient «amené à prendre (ses) distances avec l'AfD». Une rupture consommée avec pertes et fracas en 2024, après la révélation d'un plan secret d'expulsion massive de personnes d'origine étrangère, et des déclarations d'un élu considérant qu'un SS «n'est pas automatiquement un criminel».
Après cinq ans d'alliance au Parlement européen, le RN avait donc fait «le choix de ne pas siéger avec l'AfD» à Bruxelles.
Et «c'est très bien comme ça» car «nous n'avons rien à voir avec eux», a souligné le député RN Franck Allisio dimanche sur la chaîne LCI. «Nous avons de véritables problèmes sur le fond comme sur la forme. Nous ne considérons pas (qu'ils) sont nos alliés en Allemagne.»
Dans la foulée, son collègue Jean-Philippe Tanguy a justifié d'avoir «rompu» avec une formation aux «prises de positions contraires à l'intérêt de la France» et à la «vision de l'Histoire pas acceptable pour un patriote français».
Ce proche de Marine Le Pen a néanmoins estimé sur France 2 que l'AfD n'est pas un «parti dangereux» et que sa «diabolisation n'a pas lieu d'être, sinon il serait interdit».
Embarras persistant lundi, quand Philippe Ballard, au autre député RN, a reconnu que derrière «les lignes rouges qui ont été franchies» et malgré «toutes les réserves» vis-à-vis de ces ex-partenaires, il existe «effectivement des points sur lesquels on peut être d'accord».
«On a compris les ressorts de ce vote, que l'on peut partager», mais «l'AfD confond la brutalité avec la fermeté». Alors, service minimum: «On prend acte, les Allemands ont voté pour ce parti.»