Le gouvernement du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez a approuvé mardi en conseil des ministres une nouvelle série de mesures sociales. Cette mesure a été prise à quelques semaines des élections législatives anticipées de fin novembre.
«Ce gouvernement continue de gouverner. C'est un gouvernement qui doit continuer à répondre aux défis auxquels sont confrontés les citoyens», a justifié la porte-parole de l'exécutif Elma Saiz, interrogée sur les critiques que pourrait valoir au gouvernement l'adoption de telles mesures peu de temps avant le scrutin.
Concrètement, les mesures présentées mardi entrent dans le cadre d'un décret-loi royal, qui leur permet d'entrer en vigueur immédiatement, mais implique qu'elles soient confirmées par un vote du Parlement sous 30 jours.
Elles prévoient notamment d'améliorer la protection sociale des femmes souffrant de pathologies dues à la ménopause, de celles qui ont été victimes de violence de genre ou des familles qui doivent s'occuper d'enfants mineurs atteints de maladies graves.
«Si ce gouvernement démontre quelque chose, c'est bien qu'il est parfaitement compatible de ne pas faire un pas en arrière en matière de droits, d'élargir la protection sociale, tout en gouvernant avec responsabilité et rigueur budgétaire, et en affichant également des indicateurs macroéconomiques très positifs», a aussi fait valoir Elma Saiz, interrogée sur le financement de ces mesures.
Procédure
A la mi-octobre, la Commission électorale espagnole avait ouvert une procédure contre Pedro Sánchez, pour une conférence de presse tenue à la Moncloa, sa résidence officielle, au lendemain de la convocation des législatives anticipées.
La Commission a estimé que lors de cette conférence, le Premier ministre était allé au-delà de la simple présentation de mesures adoptées en conseil des ministres, en vantant le bilan de son gouvernement, en critiquant l'opposition et en appelant de ses voeux l'obtention d'une majorité plus large au gouvernement.
«Le président du gouvernement peut défendre sa position politique et critiquer celles des autres formations, mais, pendant la période électorale, il ne peut pas le faire en tirant avantage des moyens publics dont il dispose en raison de ses fonctions», rappelait la commission dans sa décision.
«Le processus électoral n'interrompt pas le fonctionnement normal des organes constitutionnels, qui peuvent continuer à exercer les fonctions que leur attribuent la Constitution et les lois», avait toutefois aussi souligné l'organe pour rappeler que le gouvernement pouvait continuer à adopter des mesures pendant la campagne.