Bill Gates est arrivé mercredi matin au Capitole à Washington pour être interrogé par une commission du Congrès américain qui enquête sur l'affaire Epstein sur ses liens d'amitié avec le criminel sexuel. «J'espère que mon témoignage aidera le travail important de cette commission pour rendre justice aux victimes», a déclaré le cofondateur de Microsoft juste avant d'entrer dans la salle où il sera entendu à huis clos.
«Bien qu'il n'ait jamais assisté ou participé à aucun acte illégal d'Epstein, il est impatient de répondre aux questions de la commission pour soutenir cet important travail», avait déjà réagi en avril un porte-parole du milliardaire dans un communiqué transmis à l'AFP, lors de l'annonce de cette audition.
Fin février, Bill Gates avait déclaré que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient une «énorme erreur», admettant devant les membres de sa fondation avoir eu des relations extraconjugales avec deux femmes russes mais niant toute implication dans les agissements du financier américain, décédé en prison en 2019 avant son procès pour crimes sexuels.
«Rien vu d'illégal»
«C'était une énorme erreur de passer du temps avec Epstein» et d'inviter des dirigeants de la fondation Gates à des réunions avec lui, avait-il alors dit, selon un enregistrement audio que s'est procuré le Wall Street Journal. «Je n'ai rien fait d'illégal. Je n'ai rien vu d'illégal», avait aussi déclaré Bill Gates.
Selon lui, sa relation avec Jeffrey Epstein a commencé en 2011, soit trois ans après que l'ex-financier avait plaidé coupable pour des faits de prostitution impliquant des mineures. Un brouillon de courrier électronique de Jeffrey Epstein, publié par le ministère américain de la Justice dans la masse de documents provenant du dossier du même nom, évoque des relations extraconjugales de Bill Gates.
Dans ce message qui ne semble pas avoir été envoyé, Jeffrey Epstein se targue notamment d'avoir aidé «Bill» à se procurer des médicaments pour «remédier aux conséquences de relations sexuelles avec des filles russes». La simple mention du nom d'une personne dans le dossier Epstein ne suppose aucun acte répréhensible a priori. Mais ces documents montrent à tout le moins des liens entre le criminel sexuel ou son entourage et certaines personnalités qui ont souvent minimisé, voire nié, l'existence de tels rapports.
«Aucune idée»
Plusieurs personnalités de la vie politique américaine ont déjà témoigné devant la commission d'enquête parlementaire, notamment l'ancien président démocrate Bill Clinton et l'actuel ministre du Commerce, Howard Lutnick.
Bill Clinton avait alors assuré n'avoir eu «aucune idée des crimes» sexuels de son ancien ami. Au moment de sa mort, Jeffrey Epstein était notamment accusé d'avoir fait venir des mineures sur l'île qu'il possédait dans les îles Vierges américaines, à des fins de trafic sexuel. Pam Bondi, ex-ministre américaine de la Justice, avait défendu fin mai devant la commission d'enquête la gestion par le gouvernement Trump de cette affaire hautement sensible.
La controverse autour de la publication des documents du dossier Epstein poursuit Donald Trump depuis le début de son second mandat. Le républicain avait appelé l'an dernier ses partisans à passer à autre chose alors même que les demandes de transparence se faisaient de plus en plus pressantes. Le ministère de la Justice assure avoir publié tous les documents qu'il était légalement contraint de rendre publics.