Entre humour et tensions
Cinq choses à retenir de la visite du roi Charles III aux USA

Le roi Charles III et Camilla ont conclu une visite d'Etat aux Etats-Unis marquée par des moments inattendus avec Donald Trump, des messages diplomatiques forts et des appels à la réconciliation.
Charles III et Camilla ont bouclé une visite de quatre jours aux Etats-Unis sans incident.
Photo: Samir Hussein/WireImage
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AFP Agence France-Presse

Charles III et son épouse Camilla ont achevé jeudi leur visite d'État de quatre jours aux États-Unis, un déplacement qui s'annonçait délicat au niveau diplomatique mais qui s'est déroulé sans accroc, ponctué par des plaisanteries remarquées du monarque britannique.

Voici cinq choses à retenir de leur séjour.

Les opposés s'attirent

Bien qu'ils aient des caractères très éloignés, Charles et le président Donald Trump, âgés respectivement de 77 et 79 ans, ont semblé partager une certaine complicité. Donald Trump a déclaré dans un discours à la Maison Blanche que sa défunte mère, d'origine écossaise, avait «un faible» pour Charles, alors prince de Galles, ce qui a déclenché un rire gêné de l'intéressé.

Le monarque a également été photographié en train de rire dans le Bureau ovale lorsque Trump s'est penché pour lui tapoter le genou. Or, le protocole veut que l'on garde ses distances avec un membre de la famille royale. «Il y a une bonne entente entre eux, car je pense que Charles est un diplomate très habile», estime auprès de l'AFP le commentateur royal Richard Fitzwilliams.

Humour anglais

Lors du diner d'Etat sous les ors de la Maison Blanche, Charles a multiplié les plaisanteries, qui ont déclenché les rires de l'assistance. Le roi a comparé la démolition controversée de l'aile Est par Donald Trump à l'incendie de la Maison Blanche par les troupes britanniques en 1814.

Le monarque a également fait référence aux propos tenus en janvier à Davos par le président selon lesquels, sans le soutien américain durant la Seconde guerre mondiale, les pays européens parleraient allemand. Puis il a glissé: « Oserais?je dire que, sans nous, vous parleriez français?».

Messages clairs

Lors de son discours prononcé devant le Congrès, Charles III a, de manière diplomatique, fait passer plusieurs messages au sujet des conflits en Ukraine et en Iran, de la part du gouvernement britannique, dans un contexte de tensions entre Donald Trump et le Premier ministre Keir Starmer. Il a exhorté les Etats-Unis à rester résolument aux côtés de leurs alliés occidentaux, ajoutant qu'une «détermination sans faille» était nécessaire pour garantir une «paix juste et durable» en Ukraine.

Ces dernières semaines, Donald Trump a critiqué les dirigeants européens, leur reprochant d'avoir refusé de soutenir les frappes israélo-américaines contre l'Iran, et a menacé de retirer les Etats-Unis de l'Otan.

Moments embarrassants

Trump a jeté un pavé dans la mare en affirmant que Charles «aurait probablement aidé» les Etats?Unis dans leur offensive militaire contre l'Iran. Le président a critiqué à plusieurs reprises le Royaume?Uni pour ne pas s'être joint aux frappes initiales et a multiplié les attaques contre Keir Starmer.

Trump a également affirmé que Charles partageait son avis sur la nécessité d'empêcher Téhéran de se doter de l'arme nucléaire, alors que les conversations avec le roi sont habituellement tenues secrètes. Par ailleurs, avant leur rencontre à New York, le maire de la ville, Zohran Mamdani, a appelé Charles à «rendre» le diamant Koh?i?Noor, que l'Empire britannique avait emporté du sous-continent indien en 1849, réclamé par New Delhi.

Réconciliation en vue?

Le quotidien The Times a salué la performance de Charles comme une «leçon magistrale de diplomatie». Elle s'est déjà concrétisée par la suppression des droits de douane sur le whisky écossais, annoncée «en l'honneur du Roi et de la Reine», par Donald Trump après le départ du couple royal de la Maison Blanche.

Mais il n'est pas sûr que cette visite d'Etat permette de réparer les relations entre le président américain et Keir Starmer, comme l'espèrent les autorités britanniques. «Cela peut offrir au Royaume? Uni un sursis temporaire face à Trump, mais ne modifiera pas fondamentalement ce qui demeure une soi-disant 'relation spéciale' très fracturée», déclare à l'AFP Evie Aspinall, directrice du groupe de réflexion British Foreign Policy Group.

Si ce déplacement a mis en lumière le fait que « Trump éprouve une réelle sympathie pour la famille royale, il reste profondément frustré par le gouvernement britannique», ajoute-t-elle. Richard Fitzwilliams partage cet avis: la visite d'Etat «a pu donner une image positive des choses (...) mais il y a énormément de points de désaccords», résume-t-il.


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