Des dizaines de témoignages recueillis
Violences sexuelles dans les prisons israéliennes dénoncées

Des ONG palestiniennes ont lancé une campagne internationale ce mardi à Ramallah pour dénoncer les violences sexuelles dans les prisons israéliennes. Des dizaines de témoignages, dont celui de Youssef al-Amayreh, ont déjà été recueillis.
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Youssef Amayreh et Sami al-Saai, deux anciens détenus palestiniens qui auraient subi des abus sexuels pendant leur détention en Israël.
Photo: AFP
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ATS Agence télégraphique suisse

Des ONG palestiniennes ont lancé mardi une campagne internationale visant à documenter et à combattre les violences sexuelles contre des détenus palestiniens dans les prisons israéliennes.

Selon le coordinateur de la campagne Youssef al-Amayreh, libéré en janvier après deux ans de détention en Israël, l'initiative a déjà recueilli des dizaines de témoignages d'anciens détenus affirmant avoir subi des violences et abus sexuels. «Malheureusement, des dizaines de prisonniers et de prisonnières n'osent pas témoigner, pour des raisons de santé, de sécurité ou pour des considérations sociales», a-t-il assuré, affirmant avoir lui-même été victime de violences sexuelles en détention.

Originaire de Cisjordanie, M. Amayreh n'a pas donné de détails sur sa propre expérience, mais a montré des boîtes de médicaments qu'il a commencé à prendre après sa libération. Selon lui, la campagne vise à «mettre au jour les crimes commis contre les détenus et à mettre fin à la politique d'impunité» d'Israël.

«Lorsqu'une personne est victime de violences sexuelles, la souffrance ne s'arrête pas à son corps ou à son psychisme, elle touche toute une famille», a témoigné son épouse, Sabrine.

Conditions de détention dégradantes

Des ONG israéliennes, palestiniennes et internationales ont à plusieurs reprises exprimé leurs inquiétudes face à des allégations de torture, de mauvais traitements et de conditions de détention dégradantes dans les prisons israéliennes, en particulier depuis le début de la guerre à Gaza déclenchée par l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

L'administration pénitentiaire israélienne affirme que tous les détenus sont incarcérés conformément à la loi, que leurs droits sont respectés et que son personnel agit sous un contrôle judiciaire permanent.

Dans un rapport publié en mai, la rapporteuse spéciale de l'ONU sur la torture Alice Jill Edwards a exhorté les autorités israéliennes à revoir leur politique de détention.

Son enquête a recensé «52 cas de torture ou d'autres mauvais traitements sous différentes formes, ainsi que 33 autres cas de torture sexuelle et de mauvais traitements à caractère sexuel».

Le journaliste palestinien Sami al-Sai, originaire de Tulkarem, a affirmé avoir subi un «viol collectif» pendant sa détention entre février 2024 et juin 2025.

Visites du CICR suspendues

L'administration pénitentiaire israélienne n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire de l'AFP concernant ces témoignages. Israël a suspendu les visites du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) aux détenus palestiniens pour des raisons de sécurité après le 7 octobre.

Bien que la Cour suprême israélienne ait annulé cette interdiction en juin, les visites n'ont pas repris. Selon le Club des prisonniers palestiniens, environ 9500 Palestiniens sont détenus dans les prisons israéliennes.

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