Sabotage d'une résolution à l'ONU
Cuba dénonce des pressions «inédites» américaines pour maintenir l'embargo

La Havane dénonce une campagne de «violence politique» orchestrée par Washington pour bloquer une résolution onusienne. Celle-ci demande la fin de l'embargo et du blocus pétrolier américains.
Le ministre des Affaires étrangères cubain dénonce des pressions américaines.
Photo: keystone-sda.ch
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AFP Agence France-Presse

Cuba a dénoncé mercredi une campagne de pressions «inédites» de Washington pour qu'un certain nombre de pays retirent leur soutien à une résolution cubaine contre l'embargo et le blocus pétrolier américains, qui sera soumise au vote la semaine prochaine à l'ONU.

Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a présenté lors d'une conférence de presse à La Havane un document qui, selon lui, a été distribué par Washington à ses ambassades pour que ces dernières fassent pression sur des gouvernements qui soutiennent habituellement la résolution non contraignante présentée par Cuba et soumise au vote chaque année depuis 1992.

Une liste de menaces

Selon le chef de la diplomatie cubaine, parmi les pressions mentionnées figurent des menaces d'imposition de droits de douane, de restrictions pour l'octroi de visas américains, de retrait de l'appui à certains gouvernements ou de soutien à des forces d'opposition dans ces pays.

Bruno Rodriguez a dénoncé des «méthodes de véritable violence politique, de coercition et de chantage». Il a également affirmé qu'un pays latino-américain, «sous la pression du gouvernement des États-Unis», tente également d'influencer d'autres États pour qu'ils ne soutiennent pas Cuba. Interrogé par l'AFP pour savoir de quel pays il s'agissait, le chef de la diplomatie cubaine a refusé de le révéler.

Pas une première

Pour la deuxième année consécutive, le gouvernement du président Donald Trump tente d'inverser le vote sur la résolution de l'ONU, qui reçoit habituellement un large soutien international.

En 2025, la résolution avait obtenu 165 voix pour, sept contre et 12 abstentions, le soutien le plus faible depuis au moins une décennie. Des responsables cubains avaient attribué cette baisse à la campagne diplomatique menée par Washington.

La résolution, qui sera soumise au vote le 28 octobre, réclame la fin de l'embargo américain en vigueur depuis 1962. Cette année, elle va également demander la fin du blocus pétrolier imposé par Washington depuis janvier.

Lundi, pour tenter de convaincre les pays appelés à voter, les États-Unis ont organisé dans l'enceinte des Nations unies une conférence à laquelle ont participé des dissidents et d'anciens prisonniers politiques cubains exilés, qui ont dénoncé les violations des droits humains sur l'île. Un événement qualifié de «honteux» par le ministre cubain.

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