La tension monte
Les entités militaires cubaines dans le viseur de Washington

Washington durcit encore le ton contre Cuba. Les nouvelles sanctions frappent des entreprises militaires, des hauts gradés et des acteurs clés de la défense afin de fragiliser le régime communiste.
Le ministre de la Défense, Alvaro Lopez Miera (à droite), est dans le viseur de Washington.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi de nouvelles sanctions contre des entités militaires et des responsables de la défense de Cuba, avec l'objectif de créer des fissures au sein du gouvernement communiste et de faire pression pour obtenir des réformes. Plusieurs entités sont dans la ligne de mire de l'administration Trump depuis la série de sanctions américaines ciblant La Havane depuis janvier:

Gaesa, le bras économique de l'armée

Conglomérat contrôlé par les militaires et fondé par Raul Castro en 1995, Gaesa est une cible centrale de la politique américaine envers Cuba. Né durant la «Période spéciale», lorsque l'île traversait une très grave crise économique en raison de l'effondrement du bloc soviétique, son premier objectif est d'assurer des revenus aux Forces armées révolutionnaires et d'attirer des devises pour soutenir l'économie, en contournant les sanctions américaines contre Cuba, sous embargo américain depuis 1962.

Les experts estiment que le conglomérat contrôle entre 40 et 70% de l'économie cubaine. Gaesa est présent dans des secteurs stratégiques: chaînes de supermarchés en dollars, stations-essence ou encore institutions financières. Le groupe contrôle également l'entreprise de tourisme Gaviota, qui possède des dizaines d'hôtels.

Le conglomérat a été sanctionné par l'administration Trump en mai, en même temps que sa directrice générale, Ania Guillermina Lastres. Certains estiment toutefois que s'attaquer au groupe pourrait être contre-productif. Selon un ancien agent de la CIA, qui s'est exprimé sous couvert d'anonymat auprès de l'AFP, Gaesa est l'une des rares institutions au sein du gouvernement cubain à avoir intérêt à abandonner le modèle économique communiste.

Le réseau d'approvisionnement de Gaesa

Les dernières sanctions en date visent des filiales de Gaesa, dont Tecnoimport, décrit par le département d'Etat comme une entreprise important des produits techniques, y compris du matériel militaire, pour le ministère des Forces armées révolutionnaires (Minfar).

Une autre filiale du conglomérat, Tecnotex, a été ciblée pour avoir selon les Etats-Unis participé aux efforts visant à mettre à niveau la flotte d'hélicoptères de fabrication russe de Cuba et avoir par le passé coopéré avec la Corée du Nord.

Les hauts gradés

Les sanctions américaines visent également les plus hauts rangs du commandement militaire cubain. Parmi les personnes sanctionnées figurent le ministre de la Défense Alvaro Lopez Miera et le chef d'état-major général Roberto Legra Sotolongo, qui est aussi premier vice-ministre de la Défense. Tous deux avaient déjà été sanctionnés par le département du Trésor américain à la suite des manifestations antigouvernementales de 2021 à Cuba.

Washington a également ciblé Jose Antonio Remon Rodriguez, chef de la direction des relations extérieures du Minfar, et Oscar Enrique Biosca Gallego, qui supervise les affaires économiques au sein du ministère. La liste s'étend aux attachés militaires cubains à Moscou et à Pékin, accusés d'être impliqués dans des activités d'approvisionnement militaire et de coopération en matière de défense avec la Russie et la Chine.

La base industrielle militaire de Cuba

Les nouvelles sanctions ciblent également des entités directement impliquées dans la production, la maintenance et la modernisation de matériel militaire. L'Union de l'industrie militaire (UIM), holding responsable de la fabrication et de la réparation des armes et équipements des Forces armées révolutionnaires, a été sanctionnée pour ses activités dans le secteur de la défense à Cuba.

Washington affirme que cette société a également collaboré avec des entités russes de défense pour moderniser des systèmes d'armes datant de l'ère soviétique. La Empresa Militar Industrial Yuri Gagarin, qui contribue notamment à la maintenance de la flotte d'avions militaires de fabrication russe de Cuba, a également été visée, tout comme l'entreprise Duna S.A., une société d'importation accusée d'avoir contribué à acheminer à Cuba des équipements liés au secteur militaire en provenance de Russie et de Chine.

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