Le président sortant de la Colombie, Gustavo Petro, s'est inquiété lundi d'un risque de «guerre civile» après l'arrivée au pouvoir de son successeur Abelardo de la Espriella, qui aurait selon lui triché pour être élu et projetterait de l'extrader aux Etats-Unis. «Nous sommes face à une fraude et à un problème institutionnel indubitablement profond, et il s'agit de l'investiture du président illégitime», a lancé en conférence de presse le dirigeant de gauche, qui assure avoir des preuves, sans les publier pour autant.
Abelardo de la Espriella, représentant d'extrême droite, a remporté de justesse le second tour du scrutin présidentiel en juin contre l'héritier de Gustavo Petro, Ivan Cepeda. La passation doit avoir lieu vendredi à Cali (ouest), contrairement à la tradition qui veut que la cérémonie se tienne à Bogota, devant le Parlement.
Selon Gustavo Petro, l'élection a été une «fraude électorale algorithmique, systématique et sur un volume de votes énorme», supposément truquée depuis l'étranger pour nuire à Ivan Cepeda. Abelardo de la Espriella, avocat novice en politique, avait reçu le soutien du président américain Donald Trump pendant la campagne. Il promet la manière forte contre le crime et les guérillas, qui se sont renforcées sous le mandat de Gustavo Petro, dont les efforts de négociations n'ont donné que peu de résultats.