Un parlementaire japonais, sanctionné en Chine pour ses positions en faveur d'une indépendance de Taïwan, s'est rendu dans l'île mardi pour une visite de quatre jours durant laquelle il est prévu qu'il assiste à un banquet aux côtés du Premier ministre.
Citoyen chinois naturalisé japonais, Hei Seki, alias Shi Ping, est membre de la Chambre haute japonaise. Il est interdit de séjour en Chine, son pays d'origine, qui lui reproche de diffuser des contre-vérités sur Taïwan, Hong Kong et des îles disputées par le Chine et le Japon, et de s'être rendu au sanctuaire Yasukuni qui honore les morts de guerre japonais dont plusieurs criminels de guerre de la Seconde guerre mondiale.
«Le premier objectif de ma visite à Taïwan est déjà atteint, à savoir démontrer que la République de Chine et la République populaire de Chine ne sont pas le même pays», a déclaré l'élu à son arrivée à l'aéroport de Taipei, en utilisant le nom officiel de l'île.
«Petits vauriens»
«Je suis à Taïwan aujourd'hui pour prouver ça et dire au monde que Taïwan est un pays indépendant», a-t-il ajouté. «Les vociférations de petits vauriens ne méritent pas qu'on y réponde», a réagi lors d'une conférence de presse la porte-parole du ministère chinois des Affaires Etrangères Mao Ning.
Le gouvernement actuel de Taïwan se considère comme une nation souveraine mais la Chine la revendique comme partie intégrante de son territoire. Le gouvernement de Taipei n'a d'ailleurs jamais déclaré formellement l'indépendance, une ligne rouge pour la Chine. L'élu doit assister à un banquet aux côtés du Premier ministre taïwanais Cho Jung-tai, a indiqué le groupe de réflexion Indo-Pacific Strategy Thinktank de Taipei, qui le reçoit dans l'île.
Il a aussi indiqué vouloir «échanger avec des personnes de tous les secteurs à Taïwan sur la manière de renforcer l'amitié Japon-Taïwan et accroître la coopération Japon-Taïwan». Bien que le Japon et Taïwan n'entretiennent pas de relations diplomatiques officielles, des parlementaires japonais se rendent régulièrement sur l'île.