Le président bélarusse Alexandre Loukachenko a gracié quinze prisonniers politiques, a indiqué jeudi l'ONG Viasna. Minsk multipliait ces derniers mois les libérations dans l'espoir d'alléger les sanctions américaines visant le Bélarus.
Dans un communiqué publié jeudi, la présidence bélarusse a indiqué que M. Loukachenko avait signé un décret graciant «18 condamnés dont 15 personnes ayant commis des crimes à caractère extrémiste».
Selon l'ONG Viasna, qui documente les violations des droits humains au Bélarus, ces quinze personnes sont des «prisonniers politiques» dont les noms n'ont, pour l'heure, pas été rendus publics.
Contestation écrasée
D'après la présidence bélarusse, onze des personnes graciées sont des femmes. Parmi les personnes libérées se trouvent également deux couples mariés et une femme en fin de grossesse, toujours selon cette source.
Alexandre Loukachenko, 71 ans, a écrasé plusieurs mouvements de contestation, dont le plus important, en 2020 et 2021, lorsque des dizaines de milliers de Bélarusses avaient manifesté contre sa réélection jugée frauduleuse.
Incitations de Trump
Depuis 2024, le président bélarusse a libéré à plusieurs reprises des personnes emprisonnées dans le cadre de ces répressions. Donald Trump encourage le Bélarus à libérer ces prisonniers en échange de la levée ou de l'assouplissement des sanctions américaines.
Plus d'une centaine de prisonniers avaient été libérés en décembre et immédiatement transférés en Ukraine et Lituanie, dont le militant Ales Bialiatski, colauréat du prix Nobel de la paix 2022 et des figures de l'opposition.
Mais les associations de défense des droits affirment que Minsk continue, parallèlement, à réprimer toute opposition et à emprisonner d'autres personnes. Selon l'ONG Viasna, le pays compte toujours plus de 1'100 prisonniers politiques, dans un pays d'environ 9 millions d'habitants.