El Niño préoccupe
Les rivières de l'Amazonie rétablies après deux ans de sécheresse, mais l'inquiétude persiste

Les rivières de l'Amazonie brésilienne ont retrouvé leurs niveaux historiques en 2025 après deux années de sécheresse extrême. Mais les chercheurs s'inquiètent des effets persistants du changement climatique et d'El Niño en cours.
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Sécheresse dans le Rio Negro, en 2023.
Photo: keystone-sda.ch
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AFP Agence France-Presse

Les niveaux des rivières, lacs et plans d'eau d'Amazonie brésilienne se sont rétablis en 2025 après deux années consécutives de grave sécheresse, mais les perspectives à long terme restent «préoccupantes» selon un rapport du réseau de surveillance MapBiomas publié mardi.

Le Brésil abrite 12% de l'eau douce de la planète. Près des deux tiers de cette richesse hydrique se concentrent dans la région amazonienne, qui a enregistré en 2025 des niveaux supérieurs de 2,6% à sa moyenne historique grâce à des précipitations plus importantes que l'année précédente.

Mais l'inquiétude persiste

Mais cette bonne nouvelle ne rassure pas les chercheurs, qui, malgré cette reprise, affirment que la situation «reste préoccupante». «Les événements climatiques extrêmes sont de plus en plus fréquents et il y a des signes d'instabilité dans le régime hydrologique, affecté tant par le changement climatique que par les transformations dans l'utilisation des terres», a averti Bruno Ferreira, de l'équipe Amazonie de MapBiomas.

Le vaste territoire brésilien contient des biomes présentant des caractéristiques uniques en termes de climat, de végétation, de flore et de faune: l'Amazonie, la forêt atlantique ou «Mata atlantica», le Cerrado (la savane brésilienne), la Caatinga (zone semi-aride du Nord-Est), le Pantanal (vaste zone humide au sud de l'Amazonie) et la Pampa (immenses prairies du Sud). 

A l'inverse, le Pantanal a lui terminé l'année 2025 à des niveaux inférieurs de 56% à sa moyenne historique, le pire résultat parmi tous les biomes du Brésil. Bien qu'il se soit amélioré par rapport à 2024, année où il a connu sa sécheresse la plus grave depuis des décennies, il reste l'écosystème le plus éprouvé du pays.

Les effets d'El Niño

Dans tout le Brésil, la tendance est à une réduction soutenue: en quatre décennies de surveillance, le pays a perdu 2,6 millions d'hectares de surface aquatique, un chiffre comparable à la superficie d'Haïti.

L'arrivée d'El Niño, qui provoque traditionnellement des sécheresses dans certaines régions de l'Amazonie, risque d'aggraver la situation. Ce phénomène climatique a débuté la semaine dernière et pourrait devenir en fin d'année l'un des plus intenses jamais enregistrés, selon l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA). 

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