Attaque à la voiture-bélier
L'auteur de l'attentat de Munich choisit de garder le silence

Un réfugié afghan accusé d'un attentat meurtrier en 2025 à Munich comparaît depuis vendredi. L'homme, radicalisé avant les faits, aurait foncé sur une foule, tuant une femme et son enfant et blessant 40 autres.
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Près de 40 jours d'audience sont prévus pour faire la lumière sur Farhad N.
Photo: AFP
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ATS Agence télégraphique suisse

Le jeune Afghan accusé d'un attentat islamiste à la voiture-bélier contre un cortège syndical début 2025 à Munich a refusé vendredi de s'exprimer au premier jour de son procès. L'attaque avait fait deux morts et une quarantaine de blessés.

Les 38 journées d'audience prévues jusqu'en juin doivent permettre de faire la lumière sur sa radicalisation et sa responsabilité pénale. Farhad N., 25 ans, un grand brun adepte du bobybuilding avant les faits, s'est présenté à l'audience en veste verte à capuche fourrée.

Impassible face aux accusations

L'homme est resté largement impassible à la lecture de l'acte d'accusation. Il ne s'exprimera ni «sur le fond de l'affaire» ni sur sa «situation personnelle», a indiqué l'un de ses avocats, Johann Bund. Ce réfugié afghan est accusé de deux meurtres et 44 tentatives, parmi les 1400 personnes qui défilaient le 13 février dans une rue du centre-ville de Munich.

Ce jour-là, la capitale bavaroise se barricadait pour accueillir les dirigeants du monde entier venus pour la Conférence sur la sécurité (MSC). Et l'Allemagne entrait dans la dernière ligne droite d'élections législatives. Dépassant les cinq véhicules de police escortant le cortège, l'homme est accusé d'avoir «accéléré fortement» au volant d'une BMW Mini et foncé «délibérément» sur la foule.

Responsabilité

Une femme de 37 ans et sa fille de 2 ans ont été projetées «sur environ dix mètres» par la collision, selon l'acte d'accusation que l'AFP a pu consulter. Elles sont décédées deux jours plus tard. La mère, originaire d'Algérie, travaillait comme ingénieure pour la ville de Munich.

L'accusé a réussi à parcourir 23 mètres jusqu'à ce que son véhicule se retrouve immobilisé, «ses roues avant ayant perdu le contact avec le sol du fait des personnes se trouvant devant et sous la voiture». Les autorités avaient rapidement établi l'«orientation islamiste» et la «motivation religieuse» du suspect, qui avait crié «Allah Akhbar» (Dieu est le plus grand) et prié au moment de son arrestation.

Arrivé à 15 ans en Allemagne, il était considéré comme «parfaitement intégré» jusqu'à sa radicalisation, survenue dans les mois ayant précédé l'attaque, selon un porte-parole du tribunal, Laurent Lafleur. Pour les enquêteurs, cet agent de sécurité a subi «l'influence de religieux afghans» suivis sur les réseaux sociaux.

«Personnes choisies au hasard»

Jugeant les pays occidentaux «responsables des souffrances de la population musulmane en Afghanistan et au Moyen-Orient», l'accusé estimait devoir «tuer des personnes choisies au hasard en Allemagne».

Le président de la chambre a évoqué un possible examen de la responsabilité pénale du prévenu, «en raison d'indices» apparus pendant sa détention provisoire «pouvant suggérer une responsabilité pénale limitée ou diminuée», a souligné Laurent Lafleur. Si le rapport provisoire a conclu à sa responsabilité pénale, l'expertise définitive se fera au cours du procès, a-t-il précisé.

L'attentat s'inscrit dans une suite rapprochée d'attaques imputées à des étrangers qui ont exacerbé le débat sur l'immigration pendant la campagne des dernières législatives, et popularisé la rhétorique anti-migrants du parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), devenu première force d'opposition.

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