Le Parlement brésilien a infligé jeudi une seconde défaite au président Lula en moins de 24 heures, en annulant son veto à une loi ouvrant la voie à une réduction de la peine de prison de son prédécesseur Jair Bolsonaro. Mercredi soir, le Sénat avait déjà rejeté le candidat que Luiz Inacio Lula da Silva avait nommé à la Cour suprême, ce qui n'était pas arrivé depuis des décennies.
Ce nouveau revers a lieu à six mois de l'élection lors de laquelle le président de gauche, 80 ans, doit briguer un quatrième mandat inédit, face notamment au sénateur Flavio Bolsonaro, 45 ans, fils aîné de l'ancien chef d'Etat d'extrême droite (2019-2022). Par 318 voix contre 144 chez les députés et 49 contre 24 au Sénat, les parlementaires ont validé une loi qui modifie le mode de calcul du temps de détention, au bénéfice de Jair Bolsonaro et d'autres condamnés pour une tentative de coup d'État.
Lula avait censuré en janvier ce texte adopté fin 2025. Le sénateur Rogerio Marinho, du Parti libéral de Jair Bolsonaro, a déclaré lors des débats avant le vote que l'annulation du veto permet de «tourner une page de notre histoire». «Le gouvernement Lula est fini, pour la plus grande joie des Brésiliens», a déclaré pour sa part Flavio Bolsonaro, que les derniers sondages donnent au coude à coude avec son futur rival.
Séance houleuse
«Pour le plus grand leader de la droite, Jair Bolsonaro, la droite vote "non" (au veto, ndlr) et espère qu'une amnistie générale viendra avec l'élection de Flavio Bolsonaro», a lancé le député bolsonariste Luciano Zucco lors d'une séance marquée par des cris et des insultes fusant des deux camps. «Bolsonaro n'a pas gagné dans les urnes et il voulait gagner par la force, c'est pourquoi l'amnistie et le vote de cette loi reviennent à permettre que cela se reproduise», a affirmé pour sa part la députée de gauche Gleisi Hoffmann.
En septembre, Jair Bolsonaro a été condamné à 27 ans de réclusion par la Cour suprême, qui l'a reconnu coupable d'avoir conspiré pour se maintenir au pouvoir malgré sa défaite électorale face à Lula en 2022. Selon les règles précédentes, Jair Bolsonaro, 71 ans, qui purge actuellement sa peine chez lui pour raisons de santé, ne pouvait bénéficier d'un aménagement de cette peine qu'à partir de 2033. La nouvelle loi permettrait de réduire ce délai.
La réduction de peines prévue par ce texte pourrait également favoriser des personnes condamnées pour leur participation aux émeutes du 8 janvier 2023, quand une foule de sympathisants bolsonaristes a saccagé les lieux de pouvoir à Brasilia. Selon la Cour suprême, cet assaut faisait partie intégrante du projet putschiste.