22 morts en Bolivie
Le pilote et le copilote de l'avion rempli de billets tous deux placés en détention

Le pilote et le copilote d’un avion militaire bolivien, écrasé le 27 février près de La Paz avec 22 morts, ont été arrêtés et inculpés pour homicide involontaire, selon le procureur Favio Maldonado.
Photo: keystone-sda.ch

Le pilote et le copilote d'un avion militaire qui transportait des milliers de billets de banque et s'est écrasé en février en Bolivie, provoquant la mort de 22 personnes, ont été arrêtés et placés en détention, ont rapporté samedi des médias citant le procureur chargé de l'affaire.

L'appareil, qui transportait des billets émis par la Banque centrale, a été victime d'un accident le 27 février au moment de son atterrissage à l'aéroport d'El Alto, à une quinzaine de kilomètres de La Paz. Il a quitté la piste et fini sa course sur une avenue où il a percuté des civils et répandu des milliers de billets de banque.

Il transportait l'équivalent de 60 millions de dollars. Des centaines de passants et de riverains s'étaient alors précipités dans les décombres de l'avion pour ramasser une partie des billets, ensuite invalidés par l'Etat, poussant la police à intervenir avec du gaz lacrymogène.

Le procureur Favio Maldonado a dit à la chaîne de télévision Unitel que le ministère public avait émis jeudi un mandat d'arrêt visant le pilote et le copilote. Ils ont été appréhendés, interrogés vendredi, inculpés d'homicide involontaire et placés en détention provisoire, selon la même source.

Des défaillances humaines et techniques

L'enquête a révélé que l'appareil n'avait pas reçu en temps voulu les informations du contrôle aérien et tenté de changer de trajectoire en raison de mauvaises conditions météorologiques. «Peut-être que si l'équipage avait reçu le bulletin météorologique spécial de la station de La Paz dès le départ, il aurait pu prendre une autre trajectoire», avait estimé plus tôt le colonel Richard Alarcon, qui dirige la commission d'enquête.

Le pilote a en outre fait atterrir l'avion sur sa partie avant, rendant plus difficile l'utilisation des freins sur une piste mouillée à cause du mauvais temps, selon le rapport. Celui-ci indique aussi que l'agent du contrôle aérien était un stagiaire qui n'a pas fourni à l'appareil d'informations «sur les conditions d'exploitation de la piste».

«Cet accident aurait pu être évité», a jugé Richard Alarcon.

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