Exposition à Rome
Le Palazzo Bonaparte, à Rome, se transforme durant quelques mois en temple de l’Art nouveau en présentant la plus vaste et la plus complète exposition jamais réalisée sur Alphonse Mucha. Environ 150 chefs-d’œuvre de l’artiste seront visibles. Mais ce n’est pas tout puisque, en sus des affiches, gravures ou vitraux réalisés par le Tchèque, on pourra aussi admirer des œuvres de Giovanni Boldini, de Cesare Saccaggi, des statues antiques, des tableaux de la Renaissance ou encore des meubles et des objets du début du XIXe siècle. En effet, le thème sous-jacent de cette manifestation artistique est celui de la beauté et de la séduction féminine. La Vénus de Botticelli des Musées royaux de Turin et source d’inspiration viendra trôner au milieu de toutes ces réalisations, comme pour souligner ce qui fut durant des siècles considéré comme le parangon de la splendeur et de la vénusté.
«Alphonse Mucha», jusqu’au 8 mars 2026, Palais Bonaparte, Piazza Venezia 5, Rome, mostrepalazzobonaparte.it
Jeux olympiques d’hiver
Désignés en juin 2019, associant deux régions opulentes d’Italie, la Lombardie et la Vénétie, les Jeux de Milan-Cortina vont se déployer à larges coups de skis ou de patins dans des lieux emblématiques de l’histoire des sports d’hiver, Bormio, Predazzo, Anterselva et bien sûr Cortina, qui a déjà reçu ceux de 1956. Avec la devise «It’s your vibe», qui se veut à la fois dynamique et inclusive, ces 25es Jeux s’apprêtent à accueillir la bagatelle de quelque 2900 athlètes, issus de plus de 90 pays. La Suisse sera présente en foule. Les 168 athlètes envoyés en 2022 à Pékin devraient être nettement dépassés. Chef de mission de Swiss Olympic, Ralph Stöckli en prévoit environ 190, un record. Une large moisson de médailles est espérée. Pour rappel, la délégation en avait ramené 15 de Chine, dont neuf rien que pour le ski alpin. La skieuse freestyle fribourgeoise Mathilde Gremaud défendra son or.
Du 6 au 22 février 2026, Milan-Cortina (Italie)
Exposition à Anvers
En 1938, René Magritte donne une conférence au Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen sur son inspiration, sur le surréalisme et évidemment sur la façon dont il envisage la réalité. Huitante-huit ans plus tard, le même musée revient sur les déclarations du peintre et en fait le fil conducteur de l’exposition. Des phrases telles que «Ceci n’est pas une pipe» ponctuent le déroulé des œuvres. On comprend également pourquoi l’artiste portait une affection particulière aux arbres. Enfin, le détective qui sommeille en vous pourra également déchiffrer les énigmes qui se cachent derrière les toiles ou leur nom plutôt amusant ou mystérieux. Mort en 1967, le Belge a longtemps été influencé par Chant d’amour de Giorgio De Chirico et l’on retrouve cette fascination en parcourant les salles de ce temple de la culture.
«Magritte. La ligne de vie», jusqu’au 22 février 2026, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten, Leopold de Waelplaats 1, Anvers, kmska.be/fr/magritte-la-ligne-de-vie
Route du rhum
La reine des courses à la voile transatlantiques en solitaire, c’est elle: ce vaste périple de Saint-Malo (Bretagne) à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) qui, tous les quatre ans depuis 1978, voit voguer la fine fleur des navigateurs océaniques tout au long de 3542 miles (6562 km) de creux et de tempêtes. La course a ses héros, Mike Birch, étoile de la première édition, Florence Arthaud, fiancée éternelle de l’Atlantique, Laurent Bourgnon, seul à avoir gagné deux fois. Et le dernier vainqueur, Charles Caudrelier, en 2022. Une quarantaine de marins vont notamment se tirer une bourre phénoménale dans la classe IMOCA, qui réunit des monocoques de 60 pieds (18,28 m).
Départ le 1er novembre 2026, Saint-Malo (France)
Installation à Bilbao
Le magnifique Musée Guggenheim de Bilbao dessiné par feu Frank Gehry vaut à lui seul le détour certes. Mais pourquoi ne pas joindre la beauté à l’intéressant en allant voir Les arts de la Terre, une installation qui nous sensibilise mais en beauté à la crise environnementale. La cartographie de cette exposition fait en sorte que l’on se balade au milieu de multiples suggestions pour réparer notre monde en voie de disparition, mais pas seulement. On peut aussi admirer la richesse et la beauté de cette nature via certaines œuvres comme celle ci-dessus de Giuseppe Penone, créée en 1989 et intitulée Ongle et feuilles de laurier (Unghia e foglie di alloro), ou Extinction (Extinct), datant de 1992, le tableau herbier de Michelle Stuart qui présente 42 plantes et graines collées sur un papier de riz imprimé à la main. Enfin, encore plus audacieuse, l’installation d’Isa Melsheimer intitulée Cas Wardian (Wardian Case), réalisée en 2023, qui est un amas de verre de terreau, de graines et de plantes. Une exposition souligne l’importance de l’art dans nos vies.
«Les arts de la Terre», jusqu’au 3 mai 2026, Musée Guggenheim, Avenida Abandoibarra 2, Bilbao, guggenheim-bilbao.eus/fr/expositions/les-arts-de-la-terre
Coupe du monde de football
Résolument géante, avec une orgie de nations (48), de villes hôtes (16, dans trois pays) et de matchs (104), cette 23e Coupe du monde sera aussi la plus longue jamais organisée, une cinquantaine de jours de compétition. Si vous êtes allergique au ballon rond, nous vous conseillons de changer de planète pendant quelques semaines. Petite pensée émue pour Jules Rimet, fondateur en 1930 d’une Coupe du monde sur invitation et parvenant péniblement à réunir 13 équipes en Uruguay. Pour succéder à l’Argentine, tenante du titre depuis 2022, la formation gagnante devra disputer un total de huit matchs. Basée en Californie, la Suisse n’en a cure. Présente depuis 2006, elle a autant d’ambition que son solide leader, Granit Xhaka (à dr., ici avec le jeune Genevois Johan Manzambi), au prénom prédestiné.
Du 11 juin au 19 juillet 2026, Etats-Unis, Canada et Mexique
Mondiaux de hockey
Sera-ce enfin l’apothéose? Battue quatre fois en finale en douze ans (2013, 2018, 2024, 2025), souvent pour des poussières de glace, l’équipe suisse de hockey se verrait bien exulter dans le Hallenstadion zurichois, en savourant un titre mondial jamais conquis. Ce serait pour son coach, Patrick Fischer, en poste depuis 2015, une manière rêvée de s’en aller. Pour le reste, le canton de Fribourg se réjouit d’héberger ce qu’il qualifie de «plus grand événement sportif de son histoire». Il a fallu pour cela brûler la politesse à Lausanne, en deuil de Mondiaux 2020 annulés pour cause de pandémie. Cité de hockey, la ville de Gottéron prévoit des animations en pagaille. «On doit montrer aux fans que Fribourg est une ville attractive, abordable, populaire», s’exclame le conseiller d’Etat chargé du Sport, Romain Collaud.
Du 15 au 31 mai 2026, Zurich et Fribourg
Plein air
Depuis 1985, dans le village millénaire de Môtiers mais aussi dans les forêts avoisinantes, les rivières et les rochers escarpés, fleurissent des œuvres d’art d’une quarantaine d’artistes venus des quatre coins de la Suisse. A ciel ouvert, on pourra admirer un large éventail d’installations qui représentent la diversité artistique dont jouit notre pays. Cette manifestation culturelle a lieu tous les quatre à huit ans et regroupe des talents très connus et d’autres en devenir. La thématique est finalement assez large puisqu’elle doit non seulement raconter l’histoire des lieux où elle sera exposée, mais aussi aborder, d’une manière ou d’une autre, des problèmes sociologiques ou économiques. On a pu voir, les années précédentes, des créations faisant allusion à Rousseau, à l’absinthe, à l’horlogerie bien sûr ou encore à la religion. Quand balade rime avec art.
Art Môtiers, du 20 juin au 20 septembre 2026, Môtiers, Val-de-Travers, www.artmotiers.ch
Exposition à Paris
C’est à près de 80 ans que Matisse se lance dans la gouache découpée. Un médium finalement simple dans lequel il devient extrêmement prolifique et qu’il utilise sur une foultitude de supports. Dessins, livres illustrés, textiles et même vitraux sont autant de possibilités sur lesquelles il a décliné son art. Cette exposition qui se tient au Grand Palais, car le Centre Pompidou est en réfection, rassemble quelque 230 œuvres issues de collections privées et publiques. Certaines sont gigantesques, d’autres minuscules, mais la scénographie permet aux visiteurs de profiter des œuvres révolutionnaires pour l’époque.
«Matisse. 1941-1954», du 24 mars au 26 juillet 2026, Grand Palais, 17, avenue du Général-Eisenhower, Paris, www.grandpalais.fr/fr/programme/matisse
GP F1 de Madrid
Au sein d’une saison de 24 Grands Prix qui débute le 8 mars en Australie, une date brille aussi fort que les chromes de Max Verstappen and Co. Les formules 1 vont en effet pour la première fois investir la ville de Madrid, sur un tracé de 5,4 kilomètres dessiné autour du centre d’exposition et de congrès. Au prix de travaux de transformation estimés à 200 millions d’euros, les voitures passeront par exemple à proximité du centre d’entraînement du Real Madrid. Pas difficile d’imaginer la rivalité que l’irruption de ce GP flambant neuf crée avec Barcelone, qui organise un GP depuis 1991 et se bat pour le conserver au-delà de 2026. C’est surtout la confirmation de la vogue des circuits urbains, de Monaco à Djeddah (Arabie saoudite), Miami, Las Vegas (Etats-Unis), Bakou (Azerbaïdjan) ou Singapour. Pour des rues emplies de bruit et de fureur.
Du 11 au 13 septembre 2026, Madrid (Espagne)
Installations Vidéo à Londres
Pour l’instant, il n’y a aucune exposition prévue pour admirer les œuvres de Bill Viola. Alors, si vous êtes fan de l’artiste, vous pouvez, lors d’un séjour londonien, admirer deux pièces incroyables qui ont été prêtées à la cathédrale Saint-Paul par la Tate Modern. Ces deux installations vidéo se concentrent sur des sujets différents, mais elles ont néanmoins la religion en tronc commun. La première, Martyrs, a été réalisée en 2014 avec l’aide de Kira Perov, collaboratrice et partenaire de Viola. Sur l’écran, quatre suppliciés imperturbables et esthétiques qui bravent les éléments durant sept minutes. L’autre animation, Mary, a été réalisée en 2016 et comporte deux volets. Le premier montre la Vierge avec sa cousine Elisabeth et le second une pietà aux airs de Rembrandt. Viola a commenté ce «double tableau» en disant qu’il était à la fois la mort et la vie d’un humain. Quoi qu’il en soit, c’est une réussite.
«Martyrs and Mary by Bill Viola», 2026, cathédrale Saint-Paul, St. Paul’s Churchyard, Londres, www.stpauls.co.uk/martyrs-and-mary-by-bill-viola
Montreux jazz festival
Pour se donner l’eau à la bouche avant le festival à venir, soixantième du nom, il suffit de pousser la porte du Mudac, à Lausanne. L’affiche officielle y est exposée jusqu’au 22 mars. Elle vaut le détour. Le créateur de mode valaisan Kévin Germanier a osé y faire figurer plus de 60'000 sequins et perles de verre, de bois et de plastique, brodés sur du velours. Cette œuvre digne d’une maison de haute couture donne le ton de la mémorable édition anniversaire qui s’annonce à Montreux. Après deux années de concerts en ville, sur le Léman et sous les nuages, elle se déroulera dans un Centre de congrès métamorphosé. Si les deux salles principales restent inchangées, le bâtiment, ses entrées et ses terrasses offriront un nouveau terrain de jeu à réinvestir et le retour de l’Auditorium Stravinski, flambant neuf. Les 250'000 festivaliers de 2025 applaudissent déjà.
Du 3 au 18 juillet 2026, Montreux
Fête fédérale de musique
Cinquante ans que Bienne attendait pareil honneur. Remplaçant au débotté Interlaken (BE), la cité seelandaise n’a eu que quelques mois pour concocter cet événement aussi quinquennal que considérable, qui mérite mille fois de porter le noble qualificatif de populaire. La 35e Fête fédérale de musique, ses 550 sociétés (nouveau record) et ses 22'000 chanteurs vont ainsi bercer de leurs notes et de leurs partitions une assistance émue d’environ 20'000 visiteurs. Pour la doyenne des chefs d’orchestre suisses, Isabelle Ruf-Weber, ces trois journées de l’Ascension suspendues dans les harmonies constituera «une merveilleuse occasion de se retrouver en toute convivialité et de faire des rencontres qui sont autant de sources d’inspiration».
Du 14 au 17 mai 2026, Bienne
Eclipse solaire totale
Trenet le chante, il arrive parfois que le Soleil ait rendez-vous avec la Lune. En 2026, ce sera le 12 août. Ce jour-là aura lieu la première occultation parfaite en Europe du Soleil par la Lune depuis 2006. Pour assister à ce phénomène aux relents mystiques, pour lequel des foules entières se déplacent, il faudra cependant s’embarquer pour l’Islande ou franchir les Pyrénées. Près de nous, les lieux privilégiés pour cette observation, ce que l’on nomme «la bande de totalité», se situeront en effet dans les Asturies, au Pays basque et en Catalogne. Les villes d’Oviedo, Santander, León, Bilbao, Saragosse, Valence et Palma feront partie des mieux exposées. En Suisse, à 20h18, le Soleil sera couvert à environ 91% par la Lune. Pour la prochaine vraie éclipse totale dans nos pénates, vous avez le temps d’acheter des lunettes, conseillées pour la regarder. Elle est prévue pour le 3 septembre 2081.
Le 12 août 2026, dans le ciel
Sculptures à Zurich
On la connaît surtout pour ses sculptures naïves en bois qu’elle avait imaginées dans les années 1960. Mais derrière ces poupées de bois se cachent une ribambelle de questions existentielles que Marisol, artiste américano-vénézuélienne née en France en 1930, se posait. Des interrogations certes avant-gardistes pour les sixties mais qui aujourd’hui ont toute leur importance: les femmes ont-elles autant de droits que les hommes? Le star-système ne pourrit-il pas les relations hommes-femmes? Comment nous comportons-nous face aux inégalités sociales ou à une société de consommation de plus en plus futile? Pour cette première grande rétrospective en Europe, le Kunstmuseum de Zurich présente une centaine de travaux qui montrent la puissance de l’artiste.
«Marisol», du 14 avril au 23 août 2026, Kunsthaus, Heimplatz, Zurich, www.kunsthaus.ch
Cet article a été publié initialement dans le n°01 de «L'illustré», paru en kiosque le 31 décembre 2025.
Cet article a été publié initialement dans le n°01 de «L'illustré», paru en kiosque le 31 décembre 2025.