L'initiative de l'UDC «Pas de Suisse à 10 millions!» pourrait recueillir une majorité le 14 juin prochain. Selon un sondage «20 Minutes» et Tamedia publié mercredi, 52% des personnes interrogées ont l'intention de voter «oui». Concernant la réforme du service civil, partisans et opposants sont à égalité.
A la mi-avril, 46% des personnes interrogées avaient l'intention de rejeter l'«initiative pour la durabilité» de l'UDC, tandis que 2% n'avaient pas encore pris de décision, ajoute cette enquête réalisée la semaine dernière par l'institut Leewas.
L'institut de sondage fait toutefois état d'une «certaine volatilité» dans les intentions de vote: en mars dernier, lors d'un précédent sondage, seules 45% des personnes interrogées avaient répondu oui et 47% non. Et en novembre, le résultat était de 48% de oui contre 41% de non. Aucune tendance claire ne se dégage.
Disparités entre zones rurales et urbaines
Ce projet visant à limiter l'immigration est connu depuis longtemps, selon Leewas, et fait l'objet d'un large débat. Ce qui explique la faible proportion de voix ayant opté «plutôt oui» ou «plutôt non». En effet, les soutiens au projet se composent de 46% de «oui» et de 6% de «plutôt oui». Du côté opposé, 43% disent «non» et 3% «plutôt non».
Les femmes sont plus favorables au projet que les hommes (54% de soutien chez les sondées, 51% chez les hommes). Le soutien est également plus fort en Suisse alémanique et italophone qu'en Suisse romande. Seuls 48% des romands disent oui et 50% non. Plus le niveau de formation et le revenu sont élevés, plus la proportion de «oui» est faible. Et la campagne dit «oui» à l'initiative populaire de manière beaucoup plus claire (57%) que la ville (43%).
Seuls 3% des sympathisants de l'UDC rejettent l'initiative de leur parti, tandis que 16 à 24% des partisans du PS, des Vert-e-s et des Vert'libéraux y sont favorables. A la mi-avril, 47% des partisans du Centre et 54% de ceux du PLR soutenaient l'initiative de l'UDC. Les deux partis ont pourtant appelé à voter «non».
Sécurité vs risques économiques
Avec son initiative, l'UDC souhaite que la population suisse croisse plus lentement qu'au cours des dernières années. Son texte demande un contrôle strict de l'immigration afin que la population résidante permanente de la Suisse ne dépasse pas 10 millions d'ici 2050. Le Conseil fédéral et le Parlement devraient prendre des mesures dès que la population dépasse les 9,5 millions.
Les partisans du projet s'appuient sur deux arguments, selon Leewas. D'une part, l'immigration menacerait la sécurité de la Suisse. Les étrangers et les naturalisés seraient massivement surreprésentés dans les actes de violence. D'autre part, l'immigration entraînerait une hausse des loyers, une pénurie de logements ainsi que des embouteillages et des trains bondés.
Les opposants à l'initiative ont aussi deux arguments principaux, souligne l'enquête: le projet entraînerait la résiliation des accords bilatéraux avec l'UE, avec des conséquences graves pour l'économie suisse, fortement orientée vers l'exportation. De plus, il aggraverait la pénurie de main-d'œuvre qualifiée pour les entreprises suisses, en particulier pour les PME et dans le secteur de la santé.
Service civil: différence genrée
Le 14 juin, les électeurs décideront aussi s'il faut rendre plus difficile le passage de l'armée au service civil. L'incertitude est également totale: à la mi-avril 46% des sondés se prononçaient actuellement pour le projet et 46% contre. Et 8% étaient encore indécis.
Cette révision de la loi est soutenue par une nette majorité des électeurs du PLR, de l'UDC et du Centre, tandis que les électeurs de gauche et des Vert-e-s la rejettent clairement. Seules 40% des femmes y sont favorables, contre 51% des hommes. L'argument central des partisans est que le service civil est aujourd'hui devenu une alternative de facilité, selon Leewas, alors que la Constitution ne prévoit pas de liberté de choix entre le service militaire et le service civil.
Les opposants rejettent le projet notamment parce que les personnes effectuant le service civil remplissent des tâches importantes pour la cohésion sociale et culturelle. Plus de 16'000 personnes de toutes les régions du pays ont été interrogées les 22 et 23 avril pour ce sondage. La marge d'erreur est de 1,3 point de pourcentage.