Raid pakistanais dévastateur
Les talibans ont promis de se venger après les 400 morts d'un hôpital frappé à Kaboul

Environ 400 personnes ont été tuées lundi dans une frappe pakistanaise qui a touché un hôpital pour toxicomanes à Kaboul, a déclaré le porte-parole du ministère de la Santé mardi. Les talibans ont promis de se venger.
La frappe a démoli un hôpital pour toxicomanes à Kaboul. Il y a des centaines de morts.
Photo: Siddiqullah Alizai
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ATS Agence télégraphique suisse

Environ 400 personnes ont été tuées lundi dans une frappe pakistanaise qui a touché un hôpital pour toxicomanes à Kaboul, a déclaré le porte-parole du ministère de la Santé mardi.

«Le bilan n'est pas définitif, les opérations de recherches continuent mais nous avons environ 400 morts et plus de 200 blessés», a déclaré Sharafat Zaman lors d'une conférence de presse dans le centre médical ravagé. Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Abdul Mateen Qani, a donné lors du même point presse le chiffre de 408 morts et 265 blessés.

Funérailles nationales

Le Pakistan a bombardé la capitale afghane lundi soir, affirmant avoir frappé «des cibles militaires et terroristes», dans un nouvel épisode, particulièrement meurtrier, du conflit qui oppose les deux pays voisins depuis des mois. Les autorités afghanes ont appelé les familles à accepter que leurs proches tués soient enterrés dans une tombe commune pour rappeler «qu'ils ont été tués lors du mois de ramadan».

Les secours tentent de retrouver des survivants et des corps. Des journalistes de l'AFP sur place dans la nuit ont pu voir au moins une trentaine de cadavres et des dizaines de blessés dans ce centre médical qui accueillait entre 2000 et 3000 toxicomanes, selon des sources médicales à l'AFP.

Au moins trois corps ont été reçus à l'hôpital de l'ONG italienne Emergency dans la capitale afghane et 27 blessés y sont traités, a de son côté déclaré à l'AFP son directeur en Afghanistan, Dejan Panic, expliquant que le bilan pourrait être plus lourd car le centre accueillait «de très nombreux patients» souffrant d'addiction.

Des funérailles nationales collectives pourront être organisées pour les victimes, a précisé Abdul Mateen Qani. Dans un des bâtiments de ce centre de traitement des addictions, le toit est effondré, des chaises, couvertures et morceaux de lits médicalisés, ainsi que des restes humains sont visibles mardi dans les ruines noircies par l'incendie qui a suivi le bombardement. Les frappes pakistanaises ont eu lieu lundi vers 21h00 locales (17h30 en Suisse), suscitant la panique chez de nombreux habitants. Islamabad a affirmé que ses forces s'assurent «qu'il n'y a pas de dommage collatéral».

Enquête demandée

Le Haut-commissariat de l'ONU aux réfugiés a réclamé mardi une enquête «rapide» et «indépendante». Cette attaque, de loin la plus meurtrière dans le conflit qui oppose les deux voisins depuis des mois, «doit faire l'objet d'une enquête rapide, indépendante et transparente, et les responsables doivent être traduits en justice conformément aux normes internationales», a déclaré le porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme Thameen Al-Kheetan, lors d'une conférence de presse à Genève. «Les résultats de cette enquête doivent être rendus publics. Les victimes et leurs familles ont droit à des réparations», a-t-il ajouté.

Les talibans ont promis de se venger

Le gouvernement afghan "vengera" les centaines de victimes de la frappe pakistanaise contre un hôpital pour toxicomanes à Kaboul, a déclaré mercredi le ministre taliban de l'Intérieur Sirajuddin Haqqani lors d'une cérémonie de funérailles.

"Les Afghans vivent des jours difficiles, et nous les vengerons", a déclaré le ministre, ajoutant à l'attention des forces pakistanaises: "Nous ne sommes pas faibles, vous verrez les conséquences de vos crimes".

Le Pakistan, en conflit avec l'Afghanistan depuis des mois, a bombardé Kaboul lundi soir, en période de ramadan pour les musulmans, affirmant avoir visé "des cibles militaires et terroristes".

Une frappe a touché un centre médical traitant des toxicomanes, faisant 408 morts et 265 blessés, selon les autorités afghanes.

L'ONG humanitaire Norwegian Refugee Council (NRC) a évoqué mercredi des "centaines de morts et de blessés", après s'être rendu sur le site de l'hôpital, confirmant le lourd bilan.

Sur une colline de Kaboul abritant un mémorial pour un homme politique afghan célèbre, une partie des victimes seront enterrées après la cérémonie de funérailles.

D'autres seront inhumées dans leur région d'origine, a indiqué à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur Abdul Mateen Qani.

Les appels ua cessez-le-feu entre les deux pays voisins se sont multipliés depuis la frappe meurtrière contre le centre médical.

Le Pakistan accuse son voisin d'accueillir des combattants du mouvement des talibans pakistanais (TTP) qui ont revendiqué des attaques meurtrières sur le sol pakistanais, ce que le gouvernement afghan dément.

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