Opposition à l'initiative sur la neutralité
Plusieurs personnalités de l'UDC poignardent Christoph Blocher dans le dos

Même au sein de l’UDC, les rangs sont loin d’être totalement serrés derrière Christoph Blocher et son initiative sur la neutralité: parmi les voix critiques figure notamment un conseiller d’Etat bien connu. Blick vous dresse la liste de ces «rebelles».
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Jean-Pierre Gallati, conseiller d'Etat du canton d'Argovie, est sans doute le détracteur le plus en vue de cette initiative au sein de l'UDC.
Photo: Alex Spichale
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Janic Urech

En apparence, l’UDC affiche une unité parfaite: ses délégués ont plébiscité à l’unanimité le oui à l’initiative sur la neutralité, soumise au verdict des urnes le 27 septembre. Rien de surprenant, puisque ce texte est largement porté par un comité – théoriquement indépendant – piloté par la figure tutélaire du parti, Christoph Blocher.

Pourtant, la réalité est plus nuancée. Au sein même de l’UDC, quelques voix dissonantes s'élèvent contre l'initiative du patron Blocher. Parmi elles figurent des personnalités de premier plan, mais aussi d'anciennes figures de proue du parti. Elles mettent en garde contre les conséquences néfastes pour la Suisse. Blick présente ces frondeurs de l'UDC.

Le conseiller d’Etat

Le cas sans doute le plus marquant est celui de Jean-Pierre Gallati, conseiller d’Etat argovien membre de l’UDC. Dès la phase de collecte des signatures pour l’initiative, il avait déclaré dans une interview accordée à la NZZ que l’initiative sur la neutralité n’était «pas tout à fait mûrement réfléchie». Il défend toujours cette position aujourd’hui, et le confirme à Blick.

Jean-Pierre Gallati rappelle qu’il ne faut pas confondre neutralité et sécurité. Il souligne également que l’initiative n’émane pas directement de l’UDC, mais «d’un comité, puis plus tard de l’association Pro Suisse».

Il qualifie l’initiative de «balle dans le pied». Il affirme que l’interdiction de facto des sanctions économiques prévue par l’initiative «reviendrait à privilégier et à soutenir la Russie de Poutine et sa guerre d’extermination contre l’Ukraine». Cela causerait un préjudice économique et politique considérable à la Suisse, ajoute-t-il. Il souligne également qu’il n’est pas le seul, au sein de l’UDC, à porter un regard critique sur cette initiative – mais que rares sont ceux qui osent «se dévoiler».

Le patron

L’entrepreneur thurgovien et ancien conseiller national Peter Spuhler fait partie des représentants de l’UDC qui se sont exprimés ouvertement. Il a laissé entendre qu’il ne voyait pas l’initiative d’un très bon œil. Peter Spuhler s’était déjà prononcé contre l’initiative de l’UDC visant à limiter la population suisse à 10 millions d’habitants. Au printemps, à propos de l’initiative sur la neutralité, Peter Spuhler a déclaré à la SRF: «Ce que fait la Russie en Ukraine est tout simplement inacceptable. Nous, les Suisses, ne pouvons pas simplement rester sur la touche et dire: 'Nous sommes neutres.'»

Celui qui a changé de parti

Son aversion pour cette initiative a même poussé Bernhard im Oberdorf, membre du Grand Conseil zurichois, à changer de parti. Après 24 ans passés au sein de l’UDC, ce Zurichois de souche a annoncé son départ l’automne dernier. Il a notamment justifié cette décision en expliquant que l’initiative allait à l’encontre de ses valeurs les plus profondes. Il milite aujourd’hui au sein du groupe du Centre.

Le «demi-conseiller fédéral»

Il constitue un cas particulier dans cette liste: Samuel Schmid, autre ancien membre de l’UDC qui s’oppose à l’initiative, est un autre ancien acteur de l’UDC. L’ancien conseiller fédéral, autrefois dénigré dans les cercles de l’UDC comme le «demi-conseiller fédéral» après avoir rompu avec son parti, rejette clairement l’initiative. Dans une interview accordée à la NZZ, il plaide en faveur d’un plus grand pragmatisme sur cette question. Samuel Schmid a quitté l’UDC à la suite des remous internes au parti provoqués par la destitution de Christoph Blocher du Conseil fédéral et a rejoint le PBD en 2008. Ce dernier a ensuite fusionné avec le Centre.

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