L'île des Dieux serre la vis
Un ressortissant suisse renvoyé de Bali pour emploi illégal dans une école de surf

Un Suisse a été expulsé de Bali pour avoir géré illégalement une école de surf. Son expulsion et son bannissement illustrent la rigueur croissante des contrôles sur l'île.
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Bali fait face à une hausse des abus de visa par des étrangers résidant ou travaillant illégalement sur l'île. (Image prétexte)
Photo: Shutterstock
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Dimitri FaravelJournaliste Blick

Avec ses luxueuses villas, ses plages de rêves et son coût de la vie bon marché, Bali attire depuis des années les voyageurs du monde entier. Influenceurs et digital nomads en ont fait leur fief et s'y installent en masse, contribuant à un phénomène de surtourisme inquiétant. En 2025, l'île a accueilli plus de 7 millions de visiteurs internationaux sur son sol, un record historique.

Au-delà des conséquences désastreuses sur l'environnement et la population locale, Bali doit également faire face à un autre phénomène: les abus de visas. Après être entrés sur le territoire grâce à leur permis de séjour touristique, certains étrangers tentent de s'installer à plus long terme. Leur stratégie? Dénicher rapidement un business florissant et en devenir le dirigeant. 

Mais depuis peu, probablement en réaction au tourisme de masse, l'Indonésie s'est mis à renforcer ses contrôles. D'après le média local The Bali Sun, un ressortissant suisse en a récemment fait les frais.

Il recrutait des travailleurs étrangers

Début 2026, le bureau de l'immigration de Bali, chargé de la gestion des visas et des extensions de séjour, reçoit un signalement: un touriste suisse participerait activement à la gestion du Soleia Surf Camp Bali, une école de surf balinaise située dans la région de Canggu. Qui plus est, il aurait recruté illégalement un moniteur, lui aussi étranger.

Or, ces activités violent les conditions de son permis de séjour. Ce Suisse disposait d'un Digital Nomad KITAS, un visa valable de 6 à 12 mois qui permet de séjourner sur l'île tout en travaillant pour une entreprise étrangère. Il n'autorise en revanche pas à travailler pour une société indonésienne, et encore moins à en prendre le contrôle.

A la suite de cette découverte, l'homme a été arrêté et rapidement placé dans un avion d'expulsion le 7 février 2026. Les autorités lui interdisent désormais l'entrée sur le territoire indonésien pendant cinq ans, avec possibilité de prolongation jusqu'à dix ans.

Vigilance maximale

Derrière ses allures de paradis pour influenceurs, l'île des Dieux est aujourd'hui sous haute surveillance. Peu avant cette expulsion, le gouverneur de Bali, Wayan Koster, a réaffirmé son engagement à faire respecter la législation sur l'immigration. «Notre île est la destination touristique la plus prisée par les étrangers, et des contrôles stricts sont nécessaires pour que leur présence soit un atout et non un problème», a-t-il déclaré devant la presse.

L'homme politique a également souligné que les services de l'immigration balinais comptent près d'une centaine d'agents, déployés dans les zones touristiques les plus prisées. Ces derniers mènent régulièrement des contrôles surprise, vérifiant papiers, visas et activités professionnelles. A Bali, la chasse aux voyageurs hors-la-loi semble désormais ouverte.

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