L'horlogerie suisse en danger?
Neuchâtel monte au créneau pour défendre le Swiss Made

Les députés neuchâtelois ont adopté mardi une résolution exigeant une stricte protection du label Swiss made. Ce vote intervient après l’assouplissement des règles autorisant l’usage de la croix suisse sur des produits fabriqués à l’étranger.
Un employé de Raymond Weil à Genève, le 18 novembre 2025. (Image d'illustration)
Photo: KEYSTONE
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ATS Agence télégraphique suisse

Les députés neuchâtelois ont approuvé mardi sans opposition une résolution demandant au gouvernement d'intervenir auprès du Conseil fédéral afin de rétablir, dans les meilleurs délais, une protection stricte et cohérente de la croix suisse et des indications de provenance helvétiques. L'horlogerie et la microtechnique, secteurs-phares à Neuchâtel, sont particulièrement concernées.

«Défendre le swiss made, c'est défendre notre industrie et ceux qui font encore le choix de produire en Suisse», a déclaré la députée (UDC) Roxann Barbezat, auteure de la résolution. «Produire en Suisse a un coût et permet d'y maintenir des compétences et des investissements», a-t-elle ajouté.

Selon la députée, il faut éviter de faire une différence entre l'image et la production en Suisse, car sinon on incite à la délocalisation. Maxime Auchlin (PVL) va dans le même sens: «Les horlogers suisses respectent des règles de traçabilité stricte. Ils voient d'un mauvais oeil que la crédibilité d'un label, qui assure une certaine qualité et un savoir-faire, soit fragilisée».

Un avantage concurrentiel

Cette résolution a été votée en réaction à l’assouplissement des règles intervenu dans le contexte de la «Lex On». L'institut fédéral de la propriété intellectuelle (IPI) permet depuis mars d'apposer, sous certaines conditions, la croix suisse sur des produits, même si ceux-ci ont été fabriqués à l’étranger.

Il a justifié cette mesure en invoquant les difficultés rencontrées par l'économie suisse en raison de la force du franc et des droits de douane élevés imposés par les Etats-Unis. Cet assouplissement a été conclu après un conflit de plusieurs années avec la marque zurichoise ON, qui fait fabriquer ses chaussures en Asie.

Pour l’horlogerie neuchâteloise en particulier, le swiss made est un véritable avantage concurrentiel. «Il garantit au consommateur un lien entre le produit, son savoir-faire et le territoire. Il appartient donc au canton de Neuchâtel de défendre à Berne un swiss made crédible et exigeant», peut-on lire dans le texte de la résolution.


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