Risques de maladies pour les enfants
A quel point les relations sexuelles avec un cousin sont-elles dangereuses?

Les relations entre cousins germains sont légales en Suisse. Cependant, les risques pour les enfants issus de cette union peuvent être accrus. Voici les faits qui sous-tendent ce débat très controversé.
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Les relations et les mariages entre cousins germains ne sont pas interdits en Suisse.
Photo: Getty Images/Westend61
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Sven Altermatt

L'Union démocratique du centre (UDC) soulève une question délicate: les mariages entre cousins germains. De telles relations sont autorisées en Suisse. Elles ne sont ainsi pas considérées comme incestueuses d'un point de vue juridique. Seules les relations sexuelles entre proches parents en ligne directe sont interdites et passibles de sanctions, comme entre parents et enfants, grands-parents et petits-enfants, ou entre frères et sœurs.

Toutefois, les relations amoureuses entre cousins suscitent des inquiétudes d'ordre médical. Des études montrent que les enfants issus de telles unions présentent un risque accru de développer certaines maladies génétiques.

Le risque est environ «deux fois plus élevé»

Un vif débat a eu lieu à ce sujet en Autriche. Une loi a récemment été adoptée interdisant les mariages entre parents jusqu'au quatrième degré, y compris entre cousins germains. Avant cette décision, la ministre de la Famille, Claudia Bauer, a évoqué l'état actuel de la recherche: le risque de développer certaines maladies génétiques est environ deux fois plus élevé chez les enfants issus de telles unions. L'attention se porte sur les gènes dits récessifs. 

Le généticien humain viennois Markus Hengstschläger a souligné les risques: il a déclaré au journal «Kurier» que les maladies en question ne se manifestent que lorsqu'un enfant hérite d'un gène muté, «défectueux», de chacun de ses parents. «Nous sommes tous porteurs de tels gènes – en moyenne, deux à cinq.» Généralement, on ne remarque rien car la copie non mutée du gène, «correcte», transmise par le second parent, compense. La situation devient critique lorsque les deux parents sont porteurs de la même mutation génétique. Et c'est plus probable chez les membres d'une même famille. 

Alors que le risque général se situe autour de 2-3%, il passe à environ 4 à 6% pour les enfants de cousins germains. «Cela ne signifie en aucun cas que chaque enfant est automatiquement malade, a déclaré Markus Hengstschläger au «Kurier», mais la probabilité est accrue.»

Ce que disent les nouvelles données

Il est totuefois délicat de faire des généralisations. Il existe des milliers de maladies génétiques, et leur fréquence varie selon les régions et les populations. Cependant, de nouvelles analyses de la vaste étude britannique «Born in Bradford» montrent que les enfants issus de mariages consanguins présentent non seulement un risque accru de problèmes de santé, mais aussi un risque plus élevé de troubles du développement.

La situation est moins limpide concernant l'autisme, un lien que l'UDC met en avant. Si certaines études suggèrent une prévalence plus élevée chez les enfants issus de mariages consanguins, l'autisme est considéré comme un trouble complexe du développement aux causes multiples. Des recherches scientifiques plus approfondies sont nécessaires.

De nombreux risques génétiques peuvent désormais être identifiés à l'avance. Les couples apparentés peuvent consulter un conseiller en génétique avant de concevoir leur rejeton. Des tests génétiques précis permettent de déterminer si les deux partenaires présentent la même prédisposition génétique et d'évaluer le risque pour leur enfant.

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