Les personnes sourdes et malentendantes continuent de subir en Suisse des discriminations dans la vie quotidienne malgré des lois claires. Dans son dernier rapport, la Fédération suisse des sourds recense encore 135 cas signalés, contre 143 une année plus tôt.
Les discriminations touchent particulièrement souvent le marché du travail, écrit mardi la Fédération suisse des sourds (FSS) dans un communiqué. Le financement des aides techniques et des prestations de soutien constitue aussi un obstacle de taille.
En 2025, 31 cas de discrimination signalés concernaient le travail et 32 cas le financement de moyens auxiliaires. Des candidats qualifiés se voient rejetés après avoir révélé leur surdité ou des employés perdent leur emploi faute de services d’interprétation adaptés sur le lieu de travail.
Promotion de la langue des signes
Les demandes de mesures comme la promotion de la langue des signes dans le milieu familial ou d'allocations pour les enfants sourds sont régulièrement rejetées par l’assurance invalidité, selon la FSS. Celle-ci dénonce encore l'absence de réglementation claire concernant la prise en charge des frais d’interprétation en langue des signes lors de rendez-vous chez le médecin et à l’hôpital.
En matière d’éducation enfin, sans interprétation suffisante et sans prolongation du temps imparti, les résultats des examens ne peuvent être évalués de manière équitable. Or ces compensations sont refusées ou accordées de manière insuffisante, alors qu’elles sont prévues par la loi, selon la fédération. Sur la base de son dernier rapport, qui montre des schémas récurrents, la FSS plaide pour des solutions structurelles efficaces. Elle cite en premier lieu la reconnaissance légale complète des langues des signes.