Abdel Saiah, élu socialiste yverdonnois et candidat au conseil communal, a porté plainte ce lundi 9 février. Un signal clair envoyé en pleine campagne: le racisme ne passe plus, ni dans l’espace public ni dans le débat démocratique.
Le jeune coprésident du Parti socialiste (PS) yverdonnois a décidé de saisir la justice après avoir été la cible d'une vague de propos racistes et islamophobes sur les réseaux sociaux, survenus à la suite de l’annonce de sa candidature au conseil communal. Certains commentaires remettaient en cause ses origines suisses. Abdel Saiah a choisi de rendre ces attaques publiques sur son compte Instagram et d’y répondre par une démarche judiciaire.
Climat politique dégradé
Cette affaire éclate alors que la campagne électorale à Yverdon-les-Bains démarre sur les chapeaux de roue. Le premier tour de l’élection à la Municipalité est fixé au 8 mars, dans un climat politique particulièrement tendu. L’enjeu est de taille: la plus grande ville du Nord vaudois va-t-elle connaître un nouveau retournement de majorité?
La Municipalité, aujourd’hui composée de cinq élus de gauche, sort d’une législature marquée par de fortes turbulences. Entre la démission de l’ancien syndic du Parti libéral-radical (PLR) Jean-Daniel Carrard en 2022, les ruptures de collégialité et la mise sous protection policière de Pierre Dessemontet (PS) et Christian Weiler (PLR), le climat politique s’est durablement dégradé.
Un terrain propice à l'émergence d'outsiders, comme l'ancien élu de l'Union démocratique du centre (UDC) Ruben Ramchurn, en lice contre le socialiste Julien Wicki en mars dernier. Une question domine, à l'approche du scrutin: l'Exécutif d'Yverdon-les-Bains va-t-il encore changer de bord politique? Si le suspens est à son comble, une chose est déjà claire. La campagne ne se déroule pas dans un climat apaisé. La plainte déposée par Abdel Saiah en est le symptôme le plus visible.