Le PLR monte aux fronts
La pilule payée par l'Etat? Le débat explose à Genève avant les votations

Une initiative à Genève propose la gratuité de la contraception pour lutter contre les inégalités d'accès et réduire les IVG. Le PLR s'y oppose, dénonçant une mesure coûteuse et non ciblée. Le vote aura lieu le 27 septembre.
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En Suisse, les caisses d'assurance maladie ne prennent pas en charge les frais liés à la contraception.
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En bref

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  • Le Parti socialiste de Genève propose une initiative visant à rendre gratuites toutes les méthodes contraceptives, incluant pilules, stérilets et préservatifs, avec un vote prévu le 27 septembre. Actuellement, les coûts de contraception en Suisse, non remboursés par les assurances, sont jusqu’à 14 fois plus élevés qu’en France
  • Un stérilet coûte entre 300 et 700 francs, rendant l’accès aux méthodes contraceptives difficiles pour certaines femmes. Genève affiche par ailleurs le taux d’interruptions volontaires de grossesse le plus élevé de Suisse, avec 10,5 IVG pour 1000 femmes en 2022
  • Les Jeunes PLR s’opposent à la gratuité intégrale, estimant son coût à environ 20 millions CHF par an et critiquant l’absence de ciblage. Ils soutiennent en revanche le remboursement des préservatifs, utilisés par 42% de la population et jugés essentiels contre les IST et les grossesses non désirées
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Riccarda Campell

En Suisse, la pilule contraceptive peut coûter jusqu’à 14 fois plus cher qu’en France. Chez nos voisins, la sécurité sociale prend en charge les frais de contraception pour les femmes de moins de 26 ans. En Suisse, en revanche, les caisses d’assurance maladie ne remboursent rien. Une initiative du Parti socialiste (PS) à Genève vise désormais à changer la donne. L'idée sera soumise au vote le 27 septembre prochain. 

En gros, elle demande que le canton prenne désormais en charge l'ensemble des méthodes contraceptives, c'est-à-dire: préservatifs, pilule, contraception d’urgence, implants, patchs, anneaux et stérilets. Les coûts initiaux s'avèrent particulièrement élevés pour les contraceptifs à long terme. Un stérilet revient par exemple entre 300 et 700 francs environ.

«Ce sont les femmes qui assument les coûts»

«Cette situation crée une inégalité dans l’accès à la contraception», déclare la politicienne socialiste et médecin Jacklean Kalibala à Blick. Pour des raisons financières, de nombreuses femmes ne peuvent pas opter pour la méthode qui leur convient le mieux. «Un quart de la population genevoise renonce aux soins médicaux pour des raisons financières. L’obstacle économique à l’accès aux prestations de santé est donc bien réel.»

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Genève pourrait ainsi se positionner comme un précurseur en matière d’accès aux soins de santé
Les Vert-e-s Genève
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Or, la pilule et le stérilet figurant parmi les méthodes contraceptives les plus fiables, un accès gratuit permettrait également d’éviter les échecs contraceptifs. Selon des études récentes, Genève affiche le taux d’interruptions volontaires de grossesse (IVG) le plus élevé de Suisse: en 2022, on comptait 10,5 interruptions pour 1000 femmes.

Les initiatrices souhaitent par ailleurs éliminer une autre injustice. «La prévention d’une grossesse non désirée concerne les deux partenaires. Or, à l’heure actuelle, ce sont majoritairement les femmes qui assument la responsabilité et les coûts de la contraception», explique Jacklean Kalibala. 

L’initiative bénéficie du soutien des Vert-e-s. Le parti y voit une occasion de rattraper le retard de la Suisse par rapport à d’autres pays européens qui remboursent déjà les contraceptifs. «Genève pourrait ainsi se positionner comme un précurseur en matière d’accès aux soins de santé», écrivent les Vert-e-s dans un communiqué.

Les Jeunes PLR ont lancé un contre-projet

L’initiative suscite toutefois une vive résistance. Le PLR s’oppose à une prise en charge intégrale des coûts. «Gratuit» signifie en fin de compte que ce sont les contribuables qui devront régler l'addition. Le parti évalue la facture à environ 20 millions de francs par an.

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Pour être efficace, une mesure étatique doit être ciblée
Alexis Couniniotis, président des Jeunes PLR
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«Cette estimation ne tient pas compte des coûts liés aux consultations, au suivi médical et aux frais administratifs», explique Alexis Couniniotis, président des Jeunes libéraux-radicaux de Genève. De plus, l’initiative ne cible pas un groupe spécifique: «Un cadre de 45 ans a les mêmes droits qu’une étudiante de 19 ans. Or, pour être efficace, une mesure étatique doit être ciblée.»

Mardi dernier, les Jeunes PLR ont donc lancé une campagne contre ce projet. Leur position? «Le choix de la méthode contraceptive appartient à chacun. C’est une affaire privée. L’Etat n’a pas à s’immiscer dans nos chambres à coucher.»

« La véritable urgence? C’est la hausse des IST»

En revanche, les Jeunes libéraux-radicaux estiment que l’Etat a un rôle à jouer face aux infections sexuellement transmissibles (IST). «La véritable urgence sanitaire, c’est l’augmentation des infections sexuellement transmissibles», déclare Lea Di Benedetto. Comme de moins en moins de personnes utilisent des préservatifs, le risque «n’est plus individuel, mais collectif». C’est pourquoi l’Etat doit intervenir.

Le parti se félicite donc que le gouvernement souhaite prendre en charge le coût des préservatifs. Le PLR soutient également cette mesure au Parlement. «Le préservatif est la seule méthode qui protège à la fois contre les infections sexuellement transmissibles et contre les grossesses non désirées», explique Pascal Uehlinger, responsable de la politique de santé au sein du PLR. Avec un taux de 42%, il reste par ailleurs la méthode contraceptive la plus utilisée.

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