Une élue monte au créneau
La police vaudoise devra mieux aider les victimes de violences

La députée socialiste Muriel Thalmann demande des pratiques obligatoires dans tous les postes de police du canton de Vaud. L'objectif: faciliter la première audition des victimes de violences domestiques et leur éviter des contradictions préjudiciables au tribunal.
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La première audition des victimes de violences domestiques au poste de police est décisive. (Image d'illustration)
Photo: KEYSTONE
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Luisa GambaroJournaliste

Reconnaître que l'on est victime de violences domestiques est déjà douloureux. Mais devoir raconter les coups à un représentant des forces de l'ordre dans un comissariat l'est encore plus. Et pourtant, c'est la première étape qui attend toutes les victimes pour se défendre juridiquement face à leur bourreau. 

Leur première audition est donc capitale pour recueillir le plus fidèlement possible leur témoignage. «Plus ces déclarations sont recueillies avec soin et sont de bonne qualité, plus elles auront de poids au moment de l’appréciation des preuves», explique la Conférence suisse des Ministères publics (CMP), qui a édité un guide des bonnes pratiques, dans un communiqué. Mais cette première audition est aussi aléatoire: «Tout dépend sur qui les victimes tombent lors de la première audition, lors des suivantes et lors du jugement», déplore Muriel Thalmann, députée socialiste au Grand Conseil vaudois. 

En effet, les victimes arrivent souvent au poste en état de choc, intimidées et sous pression. Dans ces conditions, l'attitude de l'agent face à elle est décisive pour les mettre en confiance. Mais les réactions plus ou moins hâtives diffèrent d'un officier à l'autre. «C'est très important que les victimes soient traitées de la même manière et qu'on puisse vraiment obtenir le plus d'informations essentielles», plaide Muriel Thalmann.

«C'est facile à appliquer»

Il suffit que la victime omette un détail lors de sa première audition pour déceler des contradictions lors des auditions suivantes et ainsi fragiliser sa défense au tribunal. Voilà pourquoi Muriel Thalmann propose la mise en place systématique de bonnes pratiques obligatoires dans tous les postes de police du canton de Vaud pour faciliter leur première audition. Un système déjà mis en place dans le canton de Zurich.

Alors comment les policiers peuvent-ils aider au mieux les victimes de violences? Parmi les pistes de solution principales: être particulièrement vigilants aux besoin de la victime avant de commencer l'audition, gérer le temps de manière transparente pendant son témoignage, l'informer et l'orienter minutieusement, organiser sa première audition au plus vite après le dépôt de sa plainte, découper les longues auditions en plusieurs rendez-vous, et organiser des auditions vidéo sans procès-verbal écrit en parallèle.

  • «C'est facile à appliquer, tout est là, tout existe, il y aura peut-être une formation à effectuer mais ça peut être applicable dans les six mois», assure Muriel Thalmann. Confiante sur la volonté politique de ses collègues, la socialiste affirme que le seul éventuel obstacle à sa proposition serait le manque de ressources. «Je pense qu'il n'y a plus de raisons de ne pas le faire parce que les bonnes pratiques existent et il ne reste plus qu'à les suivre et les mettre en place. Ce n'est plus qu'une question de sensibilisation et de formation», conclut-elle. A présent, la balle est dans le camp du Conseil d'Etat.
  • Violences contre les femmes: besoin d'aide?

    Vous, ou l'une de vos proches, êtes victime de violences de la part d'un partenaire ou d'un proche? Voici les ressources auxquelles vous pouvez faire appel.

    En cas de situation urgente ou dangereuse, ne jamais hésiter à contacter la police au 117 et/ou l'ambulance au 144.

    Pour l'aide au victimes, plusieurs structures sont à votre disposition en Suisse romande, et au niveau national.

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