Valérie Dittli a convoqué la presse au château Saint-Maire ce 7 août. A l'ordre du jour: le rapport Meylan. La ministre vaudoise avait commandé un avis de droit indépendant, financé par ses propres moyens. C'est précisément les conclusions de ce rapport que l'élue a présentées ce vendredi face à la vingtaine de journalistes réunis à Lausanne.
Le rapport – établi par la Professeure Vanessa Rüegger, de l'Université de Genève, et le Professeur Felix Uhlmann, de l'Université de Zurich – conclut que «de graves violations des droits fondamentaux» de Valérie Dittli ont été commises, notamment le fait d'être entendue, résume un communiqué de presse envoyé au nom de la ministre. Les deux professeurs de droit estiment que ces violations ne constituent pas de simples «erreurs formelles», mais portent atteinte au noyau même du droit d'être entendu ainsi qu'à «la dignité humaine».
Les deux experts estiment que cette situation peut produire un «effet dissuasif» sur la liberté d'expression, empêchant les personnes de s'exprimer librement. Résultat: ils remettent en question l'utilisation ultérieure du rapport Meylan dans le cadre d'une procédure pénale.
Valérie Dittli a ainsi demandé le retrait du rapport Meylan, estimant que les garanties légales et le cadre procédural n'avaient pas été pleinement respectés. Lors de son allocution, la juriste de formation a toutefois précisé qu'elle ne contestait pas «le fond des accusations» portées contre elle, indiquant que cette question relevait du parquet vaudois et du Conseil d'Etat. Elle a aussi insisté à plusieurs reprises être «droite» dans ses bottes, affirmant que l'honnêteté guidait son action depuis le début de son mandat.
Le Conseil d'Etat réagit
Le Conseil d'Etat vaudois a directement réagi, quelques minutes seulement après la fin de la conférence de presse: il refuse d'écarter le rapport Meylan. L'institution soutient que la ministre a pu s'exprimer et être entendue à plusieurs reprises, que ce soit devant Jean-François Meylan, lors d'une discussion au sein du Conseil d’Etat, ainsi que dans une déclaration personnelle diffusée aux médias le 28 avril 2026.
Après une analyse juridique de cet avis de droit, l'Exécutif vaudois estime «qu'il ne reflète pas l'état actuel de la jurisprudence». Il estime par ailleurs que les arguments avancés par la ministre ne remettent pas en cause les faits établis par le rapport Meylan. Raison pour laquelle il ne donne pas suite aux requêtes de Valérie Dittli. Le gouvernement précise aussi qu'il ne fera pas d'autres commentaires, tant que l'instruction pénale est en cours.