Suite aux tags controversés des Brandons de Payerne l'an dernier, deux membres du Comité des masqués et neuf «barbouilleurs» ont été condamnés pour avoir respectivement validé et peint les textes incriminés. Le Ministère public vaudois a jugé une partie des textes pénalement répréhensibles.
Le Parquet a rendu ses ordonnances vendredi dernier. Il a retenu les infractions de discrimination et d’incitation à la haine et, dans trois cas, l’injure pour l’inscription «blatte» visant un commerçant, a-t-il communiqué mercredi à Keystone-ATS.
Les prévenus ont été condamnés à des peines comprises entre 20 jours-amende à 30 francs et 90 jours-amende à 80 francs ainsi qu’à des amendes d’un montant allant de 200 francs à 1800 francs. Ces décisions pouvant faire l’objet d’une opposition dans un délai de dix jours à compter de la date de notification, elles ne sont donc pas définitives et exécutoires, précise le Ministère public.
Classement pour le syndic
Dans cette affaire, le Parquet a également rendu deux ordonnances de classement à l’endroit du président du Comité des masqués (CDM), qui n’a pas participé à la validation des textes incriminés, et de Lionel Voinçon, membre des Barbouilleurs au moment des faits reprochés et devenu syndic depuis. Aucune infraction pénale n’a été constatée les concernant.
La polémique avait éclaté lors de l'édition 2025 des Brandons de Payerne. Des slogans peints sur les vitrines avaient été perçus comme offensants, racistes, antisémites. Le Ministère public avait ouvert une instruction pénale en avril dernier, estimant qu'il existait «un soupçon d'infraction pénale de discrimination et incitation à la haine». S'y ajoutait la dénonciation pénale de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme.
Le comité d'organisation a depuis mené une réflexion avec des institutions de lutte contre les discriminations et publié une charte non contraignante. La prochaine édition des Brandons se déroulera le week-end prochain, du 20 au 23 février.
Polémique autour d'un char à Planfayon
Dans le canton de Fribourg, un char a également suscité la polémique lors du cortège de carnaval de Planfayon, selon les Freiburger Nachrichten. Garni de poupées noires, il représentait une embarcation de fortune avec l'inscription «Taxi Méditerranée». Des participants ont accompagné le char, munis d'une burqa et le visage peint en noir.
Contactée par Keystone-ATS, la police cantonale fribourgeoise indique avoir «reçu une annonce par une tierce personne de faits potentiellement discriminatoires.» Aucune plainte n'a été déposée formellement. «Nous récoltons actuellement des informations afin de déterminer les circonstances des faits», poursuit la police. Cette dernière se réserve le droit, si elle constate que des infractions ont été établies, d'ouvrir une enquête avec dénonciation au Minstère public.