La magistrate de la Ville de Genève Marie Barbey-Chappuis, qui dirige le Département de la sécurité, a annoncé jeudi à Léman Bleu son opposition à la manifestation anti-G7 prévue le 14 juin prochain à Genève. Elle déplore le manque de coordination et de pilotage de la part du canton.
«On a le droit de dire non au vu des risques», a déclaré jeudi soir la magistrate sur le plateau de Léman Bleu. «Aujourd'hui, on sait que ces manifestations sont souvent infiltrées par des éléments radicaux, par des black blocs, qui n'ont que faire des mesures qui sont édictées par les autorités», a ajouté la magistrate.
Souvenir de 2003
Une coalition No-G7 prévoit d'organiser une grande manifestation le 14 juin contre le fascisme et l'impérialisme en marge du sommet du G7 qui se tiendra à Evian (F) du 15 au 17 juin. Il est aussi envisagé d'installer un village anti-G7 dans le Parc des Bastions. Une perspective «hautement problématique», selon la conseillère administrative.
Elle y est opposée à titre personnel, «sachant ce qui s'est passé en 2003». Le centre ville avait alors été saccagé par des casseurs lors d'une manifestation anti-G8. «Aujourd'hui toute forme de naïveté ou d'impréparation serait, compte tenu des événements de 2003, une faute grave», souligne l'élue du Centre. Marie Barbey-Chappuis veut que la Ville de Genève soit associée au dispositif de coordination qui est piloté par le canton. Les demandes formelles de la Municipalité n'ont à ce jour pas obtenu de réponse, déplore-t-elle.
Le Conseil municipal de la Ville de Genève a accepté mercredi une motion du MCG demandant de mettre en place une coordination qui associe les commerçants et les assureurs, en fixant notamment une cartographie des lieux particulièrement exposés. Pour les conseillers municipaux, il faut absolument anticiper pour ne pas revivre le traumatisme de 2023.